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"On perd tout": le choc des chanteurs du chœur de l'opéra de Toulon après l'annonce de leur licenciement

BFM Var Glenn Gillet
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Les artistes, dont certains font partie de l'établissement depuis des décennies, ont appris jeudi 23 janvier qu'ils allaient être licenciés à la fin de la saison. La direction avance des motifs économiques.

Le choc les laisse toujours sans voix. Après l'annonce, jeudi 23 janvier, de leur licenciement pour raisons économiques, les chanteuses et chanteurs du chœur de l'opéra de Toulon (Var) ont commencé à réfléchir aux actions de revendication à mener. Mais la douleur de se voir évincer du jour au lendemain prédomine.

Martine, chanteuse soprano, fait partie des salariés qui, comme son mari, ténor, devraient perdre leur emploi lorsque leur licenciement deviendra effectif. C'est-à-dire à l'issue de la saison des spectacles de l'opéra, fin juin.

"Quand ça fait tant d'années que vous travaillez dans une entreprise, que vous faites ce métier par passion et que, du jour au lendemain, on vous dit 'Au revoir et merci'... Il faut bien s'imaginer qu'on n'est pas des numéros, on est tous des humains, il y a des vies derrière et on perd tout", commente-t-elle.

Une cinquantaine de spectacles en 2024

Le chœur a participé à une cinquantaine de spectacles lors de la saison 2023-2024, à l'opéra de Toulon, mais aussi sur d'autres scènes en France et à l'international.

"Le ballet a été licencié il y a quelques années. Maintenant, on licencie le chœur... À quand les suivants?", interroge Martine, amère.

La direction de l'opéra a invoqué des raisons économiques, mais Richard Garnier, chanteur basse et représentant du personnel, a estimé auprès de l'Agence France-Presse (AFP) que l'objectif de ce licenciement était de faire de l'opéra un "théâtre de l'accueil" pour des intermittents. Et ainsi de réduire les coûts.

Soutien de plusieurs autres opéras en France

Inauguré en 1862 comme le théâtre, le chœur de l'opéra de Toulon est devenu un véritable emblème culturel pour la ville et l'un des rares chœurs permanents de la région.

La nouvelle de son licenciement a rapidement trouvé un écho au sein d'autres opéras, comme à Lyon, Nice ou encore Strasbourg, qui ont affiché ce week-end leur "soutien" à leurs collègues toulonnais.

La direction de l'opéra de Toulon n'a pour l'heure pas répondu à nos sollicitations. La métropole, qui gère l'opéra, n'a elle non plus pas réagi Une rencontre avec les représentants des salariés est prévue d'ici à la fin de semaine.