Mort d'Émile: l'avocat de la grand-mère du petit garçon juge "opportun" des prélèvements ADN au Haut-Vernet

Le mystère autour de la mort du petit Émile Soleil reste entier au Haut-Vernet (Alpes-de-Haute-Provence). Après la perquisition de deux vélos utilisés par Maximin, l'un des oncles de l'enfant, le 16 décembre dernier, les avocats des grands-parents ont déposé, en fin de semaine dernière, plusieurs demandes d'actes complémentaires auprès des deux juges d'instruction d'Aix-en-Provence, en charge de l'enquête sur la mort d'Émile.
Selon les informations de BFMTV, certaines de ces "demandes concrètes" portent sur des éléments précis comme le fait de procéder à des compléments d'auditions de témoins ou approfondir l'étude de la téléphonie. Maître Julien Pinelli, avocat de la grand-mère du petit Émile, estime que certaines des zones déjà explorées lors de l'enquête n'ont pas été assez étudiées.
Ce lundi 2 février, sur BFMTV, Me Julien Pinelli a également évoqué la possibilité d'effectuer des prélèvements ADN sur les habitants du Haut-Vernet. "C'est quelque chose qui me semble opportun au regard des investigations qui ont été conduites", a affirmé l'avocat. "L'objectif, c'est d'arriver au constat selon lequel aucune porte ne sera restée fermée, aucune option n'aura pas été suivie".
Une utilisation du bluestar au Haut-Vernet
Selon nos informations, les avocats des grands-parents d’Émile demandent également des investigations avec une utilisation du bluestar, produit révélateur de taches de sang, invisibles à l'œil nu, dans certains endroits et sentiers du Haut-Vernet.
"Puisque nous avons observé que certains sites et certains lieux n'ont pas donné lieu à des investigations suffisantes, dès lors que des investigations sont mises en œuvre, elles doivent effectivement passer par l'utilisation du révélateur bluestar, cela fait partie de la chaîne normale des investigations qui sont conduites sur site", a indiqué Maître Julien Pinelli, interrogé également ce lundi soir sur notre antenne.
Un travail mené par la famille elle-même
Ces requêtes ne sont pas le fruit du hasard mais celui d'un travail par les grands-parents, Anne et Philippe Vedovini, qui, accompagnés de leurs enfants Marthe et Maximim et de leurs avocats, se sont rendus au hameau du Haut-Vernet le 8 novembre 2025. Ils se sont déplacés à plusieurs endroits de la commune afin d'effectuer des constatations, prenant parfois des photos. Un déplacement qui avait été justifié par les avocats de la famille par une volonté d'apporter "une contribution à l'enquête".
Comme dans toutes les procédures, celle-ci est nourrie d’auditions, de perquisitions, d'étude de la téléphonie et c’est sur l’ensemble de ces éléments que la famille du petit garçon souhaite que soient "mises en œuvre des investigations complémentaires".
Plusieurs mois après leur passage sur les lieux de la disparition, les avocats saisissent aujourd'hui la justice après avoir mené une étude "approfondie" de la procédure et la réalisation de "relevés techniques" pour que leurs demandes soient les plus "pertinentes" possibles.
"Tout ce qui peut faire avancer l’enquête est bienvenu"
"La famille Vedovini apporte sa contribution à la recherche de la vérité (...) Il ne s’agit pas de porter une critique sur l’enquête, ni de concurrencer le travail des enquêteurs. Il nous semble naturel que les membres de la famille Vedovini ne soient pas des spectateurs passifs de l’enquête, c’est notre devoir de contribuer aux investigations", soutient Maître Julien Pinelli auprès de BFMTV.
De son côté, l'avocate de Maximin, l'oncle d'Émile présent le jour de la disparition le 8 juillet 2023 et dont les deux vélos qu'il a utilisés ont été saisis et en cours d'analyse, a réagi auprès de BFMTV à ce nouveau rebondissement dans l'enquête: "Mon client (Maximin) est tout à fait en ligne avec ces demandes complémentaires. Lui, sa famille et les enquêteurs ont un objectif commun : connaître la vérité. Tout ce qui peut faire avancer l’enquête est bienvenu."
Le dossier de demandes d’actes supplémentaires compte "plus d’une centaine de pages", selon l'avocat de la grand-mère, qui précise: il ne s'agit pas là d'une "démarche offensive" ni d'une "contre-enquête".
"Il appartiendra aux magistrats instructeurs d’en apprécier l’opportunité. Nous estimons que les juges d'instruction prendront le temps qu’il leur apparaît nécessaire pour traiter nos questions", a-t-il précisé.
C'est désormais aux juges d'instruction de décider s'ils souhaitent donner suite à cette demande d'investigations complémentaires.
La cellule d'enquête est "toujours active"
Plus de deux ans et demi après la mort de l'enfant, la cellule d'enquête "Émile" est "toujours active". Un peu moins d'une dizaine d'enquêteurs restent mobilisés quotidiennement pour tenter d'expliquer sa disparition.
Invité de l'émission Affaire suivante, ce dimanche 1er février, sur BFMTV, Maître Julien Pinelli, a commenté la saisie des deux vélos chez les grands-parents du petit garçon, laissant supposer que les enquêteurs portaient leur soupçon sur l'oncle Maximim.
"L'idée d'un accident, d'un choc, avec un véhicule, fait partie des hypothèses. Ces vélos étant par définition des véhicules, ils rejoignent le nombre considérable de véhicules qui ont déjà été expertisés. Le fait qu'il soit la propriété ou l'usage du fils de ma cliente ne doit pas jeter la suspicion sur ce dernier, il s'agit d'éléments parmi d'autres", a-t-il ainsi assuré.
Au mois de mars dernier, Anne et Philippe Vedovini, ainsi que Marthe et Maximim, oncle et tante d'Émile, avaient été placés en garde à vue, aucune charge n'avait été retenue contre eux. À cette heure, aucune mise en examen n'a été prononcée dans cette affaire.
















