"Plus d’argent que nous l’avions imaginé": ChatGPT va avoir besoin de milliards pour devenir rentable

La quête de profits est devenue la priorité d’OpenAI. En effet, selon Reuters, le créateur de ChatGPT aurait présenté ce vendredi 27 décembre un plan de réorganisation de sa structure d'entreprise pour 2025.
Jusqu’à présent, la start-up à la pointe de l’IA était composée de deux entités: une association à but non lucratif et une filiale à but lucratif plafonné. Une construction initialement pensée pour bâtir une IA "sûre et largement bénéfique" à tous.... qui n'attire pas les investisseurs.
"Notre structure actuelle ne permet pas au conseil d’administration de prendre directement en compte les intérêts de ceux qui financeraient la mission", observe le conseil d’administration d’OpenAI dans un communiqué.
Attirer les investisseurs
Si l'association à but non lucratif continuera d'exister et sera en charge "de recruter une équipe de direction et du personnel pour des initiatives caritatives dans des secteurs tels que les soins de santé, l'éducation et la science", elle détiendra désormais une part minoritaire dans l'entreprise. En parallèle, OpenAI va créer une société d'utilité publique pour "gérer et contrôler les opérations et les activités commerciales" d'OpenAI.
Cette nouvelle restructuration amène OpenAI à davantage fonctionner comme une start-up à forte croissance classique et donc, à attirer de nouveaux capitaux. "Ce changement permettrait de lever le capital nécessaire dans des conditions conventionnelles comme nos concurrents", insiste OpenAI.
Une mesure qui devrait, donc, être bien accueillie par les investisseurs, notamment à l’heure où l’entreprise vient de conclure, en octobre dernier, une levée de fonds majeure de 6,6 milliards de dollars. La start-up est ainsi valorisée à 157 milliards de dollars. De quoi renforcer le statut du créateur de ChatGPT comme star de la Silicon Valley et acteur incontournable de l'intelligence artificielle (IA) générative.
"Les centaines de milliards de dollars que les grandes entreprises investissent aujourd’hui dans le développement de l’IA montrent ce qu’il faudra réellement à OpenAI pour poursuivre sa mission", souligne le conseil d’administration d’OpenAI.
"Nous devons une fois de plus lever plus de capitaux que nous ne l’avions imaginé. Les investisseurs veulent nous soutenir mais, à cette échelle de capital, ils ont besoin de fonds propres conventionnels", poursuit-il.
De nombreux obstacles
OpenAI compte sur ces financements pour continuer ses "recherches de pointe" dans l'IA, augmenter ses capacités informatiques - l'IA générative est extrêmement gourmande en énergie - et "créer de nouveaux outils".
Mais les efforts de restructuration du créateur de ChatGPT se heurtent à des obstacles majeurs. En effet, en décembre dernier, Elon Musk a de nouveau demandé à la justice américaine d'empêcher OpenAI de se transformer en une entreprise entièrement à but lucratif. Le patron de xAI, qui vient directement concurrencer ChatGPT, avait participé au lancement d'OpenAI en 2015 sous la promesse qu'il s'agirait d'une structure à but non lucratif. Désormais, il qualifie cette tentative de changement de statut de "diabolique" et "d'arnaque totale".
En parallèle, OpenAI fait face à une fuite massive de talents. Sam Altman lui-même, le cofondateur de l'entreprise, avait été limogé par le conseil d'administration, lui reprochant un manque de transparence. Il avait été rétabli dans ses fonctions à la tête de la start-up au bout de quelques jours, soutenu par la majorité des employés et le principal investisseur, Microsoft.
En septembre Mira Muti, la directrice technologique d'OpenAI, a démissionné, suivie de près par Bob McGrew, directeur de la recherche, et Barret Zoph, vice-président de la recherche. Un mois plus tôt, John Schulman avait annoncé son départ pour Anthropic, une entreprise rivale. De son côté, Sam Altman a assuré que cette vague de départ n'était pas liée à la restructuration potentielle de l’entreprise.