"Pas besoin de ChatGPT pour trouver un restaurant": Pannier-Runacher appelle à une utilisation frugale de l'IA

Alors que le sommet de l'IA s'est terminé ce 11 février à Paris, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a mis en lumière les enjeux à la fois écologiques et économiques de cette technologie, qui soulève des opportunités tout en imposant des défis considérables. Invitée sur BFM Business ce mercredi, elle a rappelé le double enjeu de l'IA:
"Cela ouvre des opportunités immenses en matière de lutte contre le dérèglement climatique, les pollutions et l’effondrement de la biodiversité. Mais c’est aussi la consommation d’énergie et d’eau, et de matières premières (avec la création de datacenters et de puces pour les datacenters)."
La ministre a également défendu l'importance de la coalition internationale formée autour de l’IA durable. Cette coalition rassemble 91 partenaires, regroupant 37 entreprises technologiques, 10 pays et cinq organisations internationales. L’objectif est de placer l’IA sur une voie plus durable d’un point de vue écologique. Si l’Inde ne fait pas partie de la coalition, la ministre rappelle que la France a su embarquer l'Allemagne et le Royaume-Uni, ainsi que de grandes entreprises qui opèrent en Inde telles que Capgemini font partie de cette coalition.
Mesurer la consommation d'énergie de l'IA
Cette alliance ne se limite pas à une simple signature, mais repose sur un travail concret, rappelle la ministre.
"On travaille d’abord à mettre les scientifiques du monde entier autour de la table. L’IA frugale consiste à s’entourer des meilleures pratiques, essentiellement de pilotage de l’énergie, de codage frugal (car plus le codage est léger moins on utilise d’énergie)", précise Agnès Pannier-Runacher.
Dans le cadre de cette initiative, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) va mettre en place un observatoire de l’impact énergétique de l’IA, permettant ainsi de suivre la consommation d’énergie liée à cette technologie.
"Ce dispositif va consister à savoir combien on consomme d’énergie, qui sont les meilleurs ou pas? Pour qu’il n’y ait pas de mensonges autour de l’utilisation de l’IA", a expliqué la ministre.
Appel aux particuliers
Elle a appelé à une utilisation plus responsable des technologies par les particuliers. D’après une étude, une requête sur ChatGPT consommerait dix fois plus d’énergie qu’une recherche sur Google.
"C’est aussi un appel aux usagers: quand on cherche un restaurant, pas besoin de passer par ChatGPT", a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de maîtriser sa consommation.
"À la fin, tout se paie. Donc avoir une consommation frugale de l’IA est intéressant pour le consommateur lui-même. Plus la consommation augmente, plus le prix augmente," a expliqué Agnès Pannier-Runacher.
La ministre a également évoqué la culture de l’industrie, qui est naturellement tournée vers la frugalité en raison de la compétition mondiale. "La culture naturelle de l’industrie est la frugalité, car [les industriels] sont dans la compétition mondiale. Ils vont chercher à consommer le moins de ressources possibles. On ne va pas développer des ressources inutiles", a-t-elle affirmé.
Selon elle, il est essentiel de veiller à ce que l’IA soit développée de manière efficace, sans excès de lignes de code ou de traitements énergivores. Cette logique s'applique aussi pour les datacenters. "Il y a des façons d’utiliser l’énergie et l’eau efficacement, et d’autres qui ne le sont pas," a expliqué la ministre.
