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Pour lutter contre le piratage et le jailbreak, Nintendo s’est octroyé le droit de bricker les Switch 2 à distance, en cas de non-respect de ses conditions d'utilisation

BFM Business Salomé Ferraris
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En mettant à jour ses conditions d’utilisation, Nintendo s’octroie le droit de bloquer à distance des Switch 2 en cas d’usage jugé non-conforme, alerte la Free Software Foundation. L'objectif pour l'entreprise nippone: lutter contre le piratage et les bidouilleurs enthousiastes qui aboutissent parfois à des jailbreaks.

Mauvaise nouvelle pour les bidouilleurs ou les pirates. Une petite modification pourrait rendre votre console Nintendo totalement inutilisable. Comme le rapporte la Free Software Foundation (FSF), Nintendo a mis à jour son système de gestion des droits numériques (DRM). L'entreprise se réserve désormais le droit de "bricker" la console, donc de la rendre complètement inopérable en cas d'utilisation non conforme.

"Vous reconnaissez qu’en cas de non-respect des restrictions susmentionnées, Nintendo peut rendre les Services de compte Nintendo et/ou l’appareil Nintendo concerné définitivement inutilisables, en tout ou en partie", peut-on lire dans le contrat d'utilisation, accepté par les utilisateurs au moment de l’inscription à leur compte Nintendo.

Plusieurs cas concrets

Par exemple, les altérations du matériel ou du logiciel, le lancement d'un jeu piraté, l'utilisation de jeux ou accessoires tiers non approuvés, ou l'utilisation d'un système d'exploitation alternatif, qui pourraient permettre de travailler à un jailbreak, sont interdits par les conditions d'utilisation de l'entreprise. En cas de non-respect des règles, Nintendo peut alors désactiver à distance une console et la bloquer.

Résultat, la machine ne peut plus lire les jeux téléchargés. L'appareil ne peut plus bénéficier des services en ligne de Nintendo. Cela impacte notamment les mises à jour des jeux, l'accès au Nintendo Store et la possibilité de jouer en ligne.

Une menace déjà mise à exécution. En juin dernier, plusieurs propriétaires de la Switch 2 ont vu leur console être bloquée par Nintendo après avoir inséré une cartouche piratée. Un mois après la sortie de la Switch 2, un utilisateur a acheté sans le savoir une console retournée, mais hors service. Il a eu la (mauvaise) surprise de se rendre compte que la machine ne pouvait plus lancer certains jeux, malgré un appareil totalement fonctionnel.

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Dans un autre cas, un utilisateur a vu sa console brickée après avoir utilisé des cartouches de jeux d'occasion achetées sur des plateformes en ligne, qui se sont révélées être des copies non autorisées. Après avoir contacté le support Nintendo et avoir fourni la preuve d’achat nécessaire, l’interdiction a été annulée.

Cette vague de consoles bannies inquiète la FSF. Selon l'organisme, qui défend le logiciel libre et la vision ouverte qui le porte, les utilisateurs devraient "pouvoir copier, étudier et modifier librement les programmes exécutés sur leurs appareils".

Cette mesure "signifie punir les utilisateurs légitimes et les obliger à prouver que leur utilisation est 'acceptable'". Ces méthodes posent aussi une question importante: peut-on dire qu'on est réellement propriétaire d'un produit si on ne peut pas en faire ce qu'on souhaite? Ne doit-on pas être libre de le modifier ou de l'altérer, au risque de se soumettre à l'action de la justice si on ne respecte pas le droit?

Depuis quelques mois, Nintendo a intensifié son combat contre les jeux piratés. L'an dernier, l'entreprise a fait fermer plusieurs émulateurs. En avril 2025, l'entreprise a même contraint l'hébergeur en ligne 1Fichier à lui verser plus de 400.000 euros. Le site a été tenu responsable de ne pas avoir supprimé des copies non autorisées de jeux de l’éditeur.