Internet depuis l’espace, l'heure des constellations géantes a sonné: la Chine voudrait lancer 200.000 satellites pour supplanter Starlink

Pour gagner la course aux télécommunications depuis l'espace, une constellation la plus large possible reste une condition sine qua non. Alors que Starlink occupe déjà une place de choix avec plus de 9.000 satellites et qu'Amazon compte proposer sa propre solution un peu partout dans le monde dans le courant 2026, la Chine pourrait employer les grands moyens pour s'imposer.
Dans des documents examinés par Interesting Engineering, il apparaît que les entreprises chinoises sont nombreuses à se bousculer au portillon. Au total, ce sont 200.000 projets de satellites qui pourraient être lancés. Ces derniers seraient dédiés aux télécommunications (pour recevoir internet sur Terre).
Des constellations à près de 100.000 satellites?
Ce sont plus d'une douzaine de projets qui ont été déposés par des opérateurs chinois auprès de l'Union internationale des télécommunications (l'UIT), qui se charge de la coordination des fréquences radios et orbitales.
Certains d'entre eux sont faits pour accueillir près de 100.000 appareils.
Parmi les prétendants à cette réunion satellitaire d'ampleur, il y a China Mobile, principal opérateur du pays avec 2.520 satellites, ou encore Shanghai Spacecom avec 1.296 satellites. Mais il y a des prévisions plus importantes encore, comme avec le principal concurrent de Starlink, Qianfan, qui souhaite disposer d'une constellation de plus de 12.000 appareils.
Ce plan d'une constellation géante pourrait néanmoins se heurter à une réalité: celle de la place dans l'espace. Au milieu du mois de décembre, Pékin a publiquement exprimé ses inquiétudes face à la prépondérance de Starlink à basse et moyenne orbite géostationnaire auprès des Nations Unies.
Et cela ne va pas en s'arrangeant: la commission américaine chargée des communications (FCC) a validé le lancement de 7.500 satellites Starlink de seconde génération, d'après Reuters. Cela portera le nombre total de satellites Starlink à 15.000 d'ici 2031. La société d'Elon Musk avait demandé une autorisation pour 30.000 appareils au départ.
Pour la Chine, une régulation pourrait s'avérer nécessaire afin de ne pas encombrer l'espace, laisser la concurrence s'installer, mais aussi éviter les collisions. SpaceX, qui détient Starlink, a annoncé de son côté qu'elle allait abaisser l'orbite de certains de ses satellites pour réduire ce risque. L'autre défi reste également les fréquences: de nombreuses entreprises se disputent leur attribution car elles sont rares. Heureusement, l'UIT veille au grain. Par ailleurs, il y a urgence: une fois un projet déposé, une entreprise à sept ans pour lancer son programme, sous peine de devoir recommencer le processus.
Si l'avenir reste l'internet fixe, sur Terre, l'internet par satellite offre de nombreux avantages, et pas uniquement pour les particuliers. Air France a ainsi signé avec Starlink pour pouvoir proposer internet à bord de ses avions et en France, la SNCF a lancé un test incluant l'entreprise d'Elon Musk, pour venir en aide au réseau mobile au sein de sa flotte de trains TGV. Consciente de ce marché, la Chine espère pouvoir imposer son rythme, notamment pour des pays en voie de développement qui ne voient pas les Etats-Unis d'un bon oeil.
