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Fumée blanche ou noire: d'où vient cette pratique annonçant l'élection du pape?

BFM François Blanchard
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La fumée qui est sortie de la cheminée installée sur le toit de la chapelle Sixtine est noire ce mercredi soir. Si elle est blanche, elle doit annoncer l'élection du nouveau pape. Mais le procédé est loin d'être infaillible.

Les yeux du monde rivés sur le toit de la chapelle Sixtine. Par une petite cheminée installée spécialement pour le conclave, une fumée va s'échapper à partir de ce mercredi soir pour informer les fidèles du résultat de l'élection pontificale.

Ce mercredi 7 mai au soir, une première fumée noire est sortie, autrement dit: les cardinaux n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un nom, un nouveau tour de scrutin est organisé. La tradition séculaire de l'utilisation de la fumée a évolué au fil du temps, tout comme la technologie utilisée.

Coup de feu

Depuis le XVe siècle, ces élections à huis-clos ont toutes lieu à Rome (sauf une à Venise en 1799). La tradition de brûler les bulletins de vote des cardinaux remonterait à cette époque.

Au départ, il s'agissait d'empêcher la falsification des votes et de préserver le secret, mais au fil du temps, cette pratique a fini par être utilisée comme un signal, même si, pendant des siècles, elle signifiait simplement que le vote n'avait pas abouti.

Lors du conclave de 1823, au palais du Quirinal, aujourd'hui siège de la présidence de la République mais qui était alors la résidence papale, il avait été convenu que la garde à l'extérieur tirerait à blanc pour annoncer l'élection d'un pape, selon Javier Martinez-Brocal et José de Jesus Aguilar, auteurs d'un ouvrage de référence sur l'histoire des conclaves.

Fumée grise

La première fois que de la fumée blanche a été utilisée pour signaler l'élection d'un pape remonte au conclave de 1914. À cette époque, c'est la combustion des bulletins de vote dans le poêle installée dans la chapelle Sixtine qui crée la fumée. On ajoutait alors de la paille humide ou du goudron (et plus tard des produits chimiques) pour lui donner une couleur noire ou blanche.

Problème, la fumée qui sortait de la cheminée tirait le plus souvent sur le gris. Lors de l'élection de Jean-Paul Ier en 1978, des volutes successivement noires et blanches avaient semé la confusion parmi les fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre.

Depuis 2005, le Vatican a ajouté un second poêle, électronique, pour produire des fumigènes et éviter toute confusion. Le Vatican affirme qu'il a été testé et qu'il est prêt à faire face à des difficultés de dernière minute.

"Un technicien expert, enfermé en marge du conclave, restera pendant toute la durée du vote dans une petite salle technique près de la chapelle Sixtine, avec la télécommande du poêle", selon Silvio Screpanti, directeur adjoint des infrastructures de la Cité du Vatican. Il sera "prêt à intervenir rapidement si nécessaire, afin qu'aucun événement imprévu n'entrave la fameuse fumée blanche tant attendue".

Cloches capricieuses

Depuis 2005 aussi, pour dissiper le doute, les cloches de la basilique Saint-Pierre doivent sonner en même temps que sort la fumée pour indiquer au monde que l'Église a un nouveau pape.

Mais toutes ces précautions n'empêchent pas les couacs. Lors du conclave de 2005, la fumée était une première fois apparue blanche le premier jour, avant de virer rapidement au noir. Le lendemain, une nouvelle fumée grisâtre s'est échappée et les cloches ont sonné. Mais il ne s'agissait que des douze coups de midi.

Lorsque que Benoît XVI a finalement été élu dans la soirée, la fumée blanche est sortie correctement. Les cloches, elles, sont restées silencieuses pendant dix minutes avant de sonner à toute volée.