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Quatre Lynx relâchés dans le Jura après un sauvetage épique

BFM CR avec AFP
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- - SEBASTIEN BOZON / AFP

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La femelle lynx a été blessée dans une collision avec un véhicule. Cette opération est une première en Europe.

Trois caisses en bois pour les trois petits et une plus grosse, en fer, pour la mère, sont disposées au bout d’un chemin forestier accidenté, au fin fond du massif du Jura. Dans quelques instants, ces quatre lynx recouvreront la vie sauvage. Menée par Athénas, un centre de sauvegarde de la faune, cette opération est une première en Europe où jamais encore une femelle lynx blessée dans une collision avec un véhicule n'avait été relâchée avec ses petits.

Cent individus dans le Jura

Chaque année, près de dix lynx boréals, espèce protégée et menacée, sont victimes d'accidents de la route ou de braconnage sur une population française estimée à un peu plus de cent individus, majoritairement établis dans le massif jurassien. Semblables à de gros chats au pelage roux tacheté, les lynx boréals sont reconnaissables à leurs oreilles triangulaires surmontées d'un "pinceau" de poils noirs.

La mère et sa progéniture âgée de quatre mois – deux mâles et une femelle baptisés Esteban, Zia et Tao – ont été relâchés mardi dans la fraîcheur du petit matin et dans le plus grand silence, pour ne pas effrayer les félins. Les cages ont été ouvertes en même temps et le premier jeune a bondi immédiatement avant de s’enfoncer dans la forêt de feuillus. 

"Affamés et amaigris"

Pour l’équipe du centre Athénas, c'est un soulagement. La mère, identifiée dans le secteur de Lons-le-Saunier depuis 2015, a été victime d’une collision routière le 25 septembre. Alerté par un automobiliste, le centre a soigné sa fracture ouverte du tibia et son traumatisme crânien. "Elle boite encore un peu mais ça devrait le faire", observe le directeur, Gilles Moyne.

"On a tout de suite vu qu’elle était allaitante", explique Gilles Moyne. Des appareils photo équipés de détecteurs de mouvements ont permis de repérer les trois jeunes et de les capturer cinq jours plus tard grâce à des appâts de viande disposés au fond de cages à fermeture automatique.

"Ils étaient affamés et déjà amaigris. Ils ont été placés dans un enclos avec une femelle non relâchable car la mère venait d’être opérée. Après douze jours de convalescence, on a pu la remettre en présence des jeunes. Elle les a tout de suite reconnus et a même repris l’allaitement", raconte le directeur.

Un seul des trois petits atteindra l'âge adulte

La femelle relâchée mardi sera suivie grâce à un collier émetteur qui s’ouvrira de lui-même au bout d’un an. "C’est fondamental de les laisser ensemble parce que les jeunes vont encore rester cinq mois avec elle avant la dispersion", poursuit Gilles Moyne.

Statistiquement, seul un petit sur quatre survit, alors, "probablement, sur les trois jeunes, seul un atteindra l’âge adulte" si l’on prend en compte la sélection naturelle mais aussi les facteurs humains.