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Pour avoir « profité de l'esclavage », la Caisse des dépôts poursuivie par le Cran

BFM Philippe Gril avec AFP
La Caisse des dépôts et consignations (CDC).

La Caisse des dépôts et consignations (CDC). - -

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Le Conseil représentatif des associations noires de France a annoncé vendredi qu'elle poursuivait la Caisse des dépôts. La CDC est « complice d'un crime contre l'humanité », selon le Cran qui explique que la banque a encaissé les sommes versées par Haïti en contrepartie de son indépendance.

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé vendredi, à l'occasion de la journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage, qu'il assignait en justice la Caisse des dépôts (CDC), lui reprochant d'avoir profité de la traite négrière. « La CDC est complice d'un crime contre l'humanité », a déclaré Louis-Georges Tin, le président du Cran, qui assigne la CDC et deux de ses filiales devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris parce que la banque a encaissé les sommes versées par Haïti en contrepartie de son indépendance. « Nous assignons en justice la Caisse des dépôts et consignations, la banque d'Etat qui a joué un rôle considérable dans l'esclavage », a-t-il insisté lors d'un point presse devant le palais de justice, précisant que l'assignation serait remise lundi à la banque.

« 21 milliards de dollars »

Haïti a acquis son indépendance en 1804 contre les troupes de Napoléon Bonaparte, mais la France a alors exigé un tribut financier pour indemniser ses colons. Haïti a payé de 1825 à 1946 « des sommes équivalentes à 21 milliards de dollars », selon Louis-Georges Tin. C'est la CDC qui a encaissé cet argent, a-t-il souligné. Selon lui, « cette rançon a précipité Haïti dans une spirale infernale d'instabilité et de misère ». Après la colonisation, Haïti a été « frappé d’une double peine ».
La CDC s'est également « enrichie grâce à l'exploitation colonialiste », selon Me Norbert Tricaud, avocat du Cran, puisqu'elle a géré les comptes de plusieurs banques coloniales. Plus généralement, l'assignation contre la CDC s'insère dans une campagne du Cran pour obtenir des réparations de l'esclavage. « Si on fait cette assignation, c'est pour alimenter le débat », a dit Me Tricaud.

« L'impossible réparation »

François Hollande a rappelé dans la foulée « l'impossible réparation » des traites négrières et de l'esclavage, prônant « la paix des mémoires réconciliées » auxquelles il faut « donner un avenir », lors d'une cérémonie au Jardin du Luxembourg. « Le seul choix possible, le plus digne, le plus grand, c'est la mémoire, la vigilance et la transmission », adressant ainsi une nouvelle fin de non-recevoir aux revendications de réparations matérielles portée par quelques voix associatives, dont le Cran.
Pour Jean-François Copé aussi il est « compliqué de parler d'indemnisation matérielle » alors que « tant de siècles ont passé ». « En revanche, le devoir de mémoire est indispensable », insiste le président de l’UMP.

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