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"Personne n'est venu": sa femme meurt malgré ses appels au Samu, un retraité porte plainte

BFM Juliette Desmonceaux
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Raymond Goulay, habitant de Louverné en Mayenne, a appelé les secours plusieurs fois pendant plusieurs jours pour qu'ils prennent en charge son épouse malade, mais personne ne s'est déplacé. Sa femme est finalement décédée.

Des appels répétés restés sans réponse. Un retraité, Raymond Goulay, a perdu son épouse en janvier dernier, en Mayenne, alors qu'il avait appelé les secours pendant plusieurs jours, sans que personne ne se déplace. Le retraité a porté plainte.

"Comment je fais? Je la laisse mourir?"

Alice, 80 ans, est soudainement prise de violents vomissements en décembre dernier, à Louverné. Son mari Raymond appelle la maison de santé de sa commune, où le couple est régulièrement suivi.

"J'ai appelé plusieurs fois, personne n'est venu. Le lendemain, j'ai recommencé, le vendredi, j'ai recommencé, plusieurs fois chaque fois", assure-t-il à BFMTV.

Inquiet, il tente alors de contacter le Samu, mais n'obtient pas de réponse positive. "On me disait, il faut un papier du médecin avant qu'on vienne", se souvient-il. "Mais si le médecin ne veut pas venir, comment je fais? Je la laisse mourir?", lance-t-il d'une voix qui se brise.

Hospitalisée au bout de 5 jours

Finalement, Alice est prise en charge par les urgences de l'hôpital de Laval grâce à un appel au 116 117 qui permet de joindre un médecin de garde. Elle est hospitalisée le 19 décembre, soit 5 jours après le premier appel de son époux.

"J'étais très soucieux. Je ne tenais plus debout", confie son époux, les larmes aux yeux.

Les médecins diagnostiquent chez l'octogénaire une infection au niveau de son pacemaker. Ils confient à son époux que l'état de santé de Alice s'est déjà fortement aggravé. Elle meurt finalement à l'hôpital deux semaines plus tard, le 2 janvier.

Une plainte déposée pour non assistance à personne en danger

Deux mois après avoir perdu sa femme, Raymond continue d'être marqué par sa disparition, partagé entre rage et tristesse.

"J'ai une colère. C'est très difficile à supporter", confie-t-il, en pleurs.

Il reste persuadé que les médecins auraient pu intervenir plus tôt. "C'est pas possible que personne ne puisse venir. Ils étaient à 1500 mètres de la maison", se désole-t-il.

Raymond Goulay a déposé plainte contre la maison de santé de sa commune et contre le Samu pour non assistance à personne en danger.