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Les opinions et les actes antisémites en hausse en France

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Une boulangerie de Strasbourg taguée en 2000 (illustration)

Une boulangerie de Strasbourg taguée en 2000 (illustration) - Damien Meyer - AFP

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Après l'agression d'un couple à Créteil en raison de leur appartenance à la communauté juive, un rapport de la Fondapol, publié mi-novembre, précise l'état de l'antisémitisme en France.

L’agression dont a été victime un couple de Créteil en début de semaine, a rapidement été caractérisée comme "antisémite" par le ministre de l’Intérieur. "De toute façon, les juifs, vous avez de l'argent chez vous, vous ne le mettez pas à la banque...", auraient lancé les trois agresseurs au couple, selon le témoignage d'une des victimes, recueilli par BFMTV. Alors cas isolé ou dérives réelles au sein de la société française?

Quatre foyers d'antisémitisme

"Les agressions ont multipliées par trois en France, a pointé Dominique Reynié, directeur de la Fondation pour l’innovation politique et auteur d’un rapport sur "l’antisémitisme dans l’opinion française" mi-novembre, sur RTL jeudi. La moitié des actes racistes en France sont des actes antisémites". Le raoport note aussi une hausse des "opinions antisémites" en France. Dans le détail, cette enquête pointe la vivacité des préjugés sur la communauté juive. En tête, 35% des sondés estiment que "les juifs utilisent dans leur propre intérêt leur statut de victime du génocide nazi". Viennent ensuite un pouvoir supposé trop grand dans la finance puis une influence majeure dans les medias et dans la politique. Enfin l’hypothèse d’un complot "sioniste mondial" est cité par 16%. 

Dominique Reynié, qui sépare les agressions des opinions, de pointer sur RTL, "quatre foyers" de développement de l’antisémitisme: le Front National où "les préjugés antisémites sont les plus répandus", la communauté musulmane, avec un "lien entre pratique de l’Islam et partage de préjugés antisémites", le Front de Gauche où l’on retrouve "les préjugés liés au capitalisme et à l’argent" et les réseaux sociaux où la "fachosphère" est très active

Utilisation du "génocide nazi" et influence sur la société

Cette étude la Fondapol en partenariat avec l’institut de sondage Ifop, se base sur les années 2004-2014 et fait écho à un premier rapport de Jean-Christophe Rufin en 2004, qui jugeait que les actes antisémites commis reculaient alors au sein de l’extrême droite pour se déplacer vers une frange issue de l’immigration. Si la conclusion est plus modérée en 2014, on constate toutefois que la population musulmane est davantage en "accord" avec les idées reçues énoncées plus haut que l’ensemble de la population de plus de 16 ans.

Mais, il faut aussi noter que 53% des sondés ne partagent aucune de ces affirmations, alors qu’une autre partie de l’étude pointe que les "Maghrébins" et les "noirs d’Afrique" sont plus considérés comme "trop nombreux" en France que les juifs. Dans les faits, la communauté juive représente 1% de la population française.