Face à la "polémique", le Collège de France annule un colloque sur la Palestine
Le Collège de France à Paris, ce dimanche 9 novembre 2025. - CARINE SCHMITT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Le Collège de France annule un colloque sur la Palestine qui devait se tenir jeudi 13 et vendredi 14 novembre, "en réaction à la polémique entourant la tenue" de l'événement, a annoncé ce dimanche 9 novembre son administrateur dans un communiqué.
"L'administrateur du Collège de France se voit dans l'obligation en tant que chef d'établissement, responsable de la sécurité des biens et des personnes ainsi que de la sérénité des événements tenus dans l'enceinte du Collège de France, d'annuler la manifestation", a-t-il indiqué.
Le Collège de France "ne prône, ni n'encourage, ni ne soutient aucune forme de militantisme", a indiqué l'établissement qui assure de sa "stricte neutralité (...) au regard des questions de nature politique ou idéologique".
Le ministre de l'Enseignement supérieur salue la décision
Dans une réaction sur X, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a qualifié cette annulation de "responsable".
"Défendre la liberté académique, c'est défendre un débat libre, respectueux et pluriel. C'est le message que j'ai porté auprès de l'administrateur du Collège de France au cours des derniers jours", a-t-il affirmé.
Le colloque, intitulé "La Palestine et l'Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines", et co-organisé par l'historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d'études politiques de Paris (Carep Paris), avait été qualifié d'événement "propalestinien" par plusieurs personnalités.
"Rien n'allait dans ce colloque (...) : ni l'approche partiale et militante, ni les intervenants contestables, ni la date indécente du 13 novembre. (...) Cette annulation est un soulagement", a réagir sur X Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
Dominique de Villepin parmi les invités
La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), avait dénoncé une "foire antisioniste", et évoqué le "dévoiement d'une institution prestigieuse".
Dans un article publié au sujet de l'événement, qui devait réunir des universitaires et des personnalités telles que Dominique de Villepin et Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l'ONU pour les Territoires palestiniens, le magazine Le Point avait évoqué un "entre-soi propalestinien".
Le titre avait également pointé la co-organisation du colloque par le Carep, accusé d'entretenir des liens avec le Qatar.












