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Vincent Lambert: la famille divisée sur l'arrêt des soins confirmé par la justice européenne

BFM Pierjean Poirot avec AFP
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La Cour européenne des droits de l'homme a validé ce vendredi l'arrêt des soins prodigués à Vincent Lambert. Son épouse et cinq de ses six frères y étaient favorables. Ses parents s’y opposaient. Cette lourde décision déchire la famille du tétraplégique.

La justice européenne a tranché ce vendredi. Elle s’est prononcée en faveur de l’arrêt des soins administrés à Vincent Lambert, tétraplégique dans un état végétatif depuis un accident de la route en 2008.

La CEDH a voté, par 12 voix contre 5, qu'il n'y aurait pas violation de l'article 2 (de la convention européenne des droits de l'Homme, régissant le droit à la vie) en cas de mise en œuvre de la décision du conseil d'Etat autorisant l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation du tétraplégique.

Deux perceptions

Peu après le verdict de la Cour, les proches de Vincent Lambert ont réagi. "Je ne réalise pas encore très bien. Je peux juste vous dire que je suis bouleversée et que je pense très fort à mon mari", a déclaré sa femme au micro de BFMTV. Malgré son opposition à un acharnement thérapeutique, cette décision reste douloureuse. "Il me faut le temps de bien intégrer ce qui s’est passé aujourd’hui", a ajouté Rachel Lambert

"Il n'y a pas de soulagement ou de joie à exprimer. Pour reprendre une expression d'une des demi-sœurs de Vincent, on aimerait que sa volonté soit faite."

La mère du tétraplégique, Viviane Lambert, qui avait martelé ce vendredi matin sur BFMTV que son fils n’était pas "un légume" ou "un mort-vivant", s’indigne de cette décision. "C'est un scandale, on condamne notre fils", a-t-elle affirmé. "Nous resterons aux côtés de Vincent et nous continuerons à nous battre", a ajouté Viviane Lambert.

Pas forcément l’épilogue

Pour maître Pettiti, l'avocat de Rachel Lambert, "le processus interrompu par le tribunal administratif devrait reprendre." Mais Jean Paillot, l’avocat des parents, avait clairement annoncé qu'il ne baisserait pas les bras en cas d'une décision défavorable de la CEDH et qu'il introduirait de nouveaux recours en France.

Selon Me Paillot, il y a "des éléments nouveaux" qui changent la donne, comme le fait que "Vincent a recommencé à déglutir". "Nous ne laisserons pas assassiner Vincent Lambert", a renchéri Me Triomphe, le deuxième avocat des parents. 

En arguant que la décision d'arrêt de l'alimentation avait été prise par un médecin qui n'est plus en poste actuellement au CHU de Reims, les parents vont probablement solliciter une nouvelle décision médicale, qu'ils pourraient à nouveau contester en justice si elle leur était défavorable.

Pour prendre le temps de se pencher sur ce dossier complexe, la Cour de Strasbourg avait immédiatement suspendu la décision du Conseil d'Etat, lorsqu'elle a été saisie en juin 2014.