"Une lame qui menace la paroi abdominale": une victime de prothèse anti-hernies témoigne

Voilà plus de deux ans que Julie Canon, 28 ans, souffre le martyre. En septembre 2023 la jeune femme souffre d'une éventration, une hernie apparaissant sur la cicatrice d'une chirurgie antérieur. Avec son chirurgien, elle décide de se faire poser une prothèse anti-hernies. Mais depuis, comme près de 100.000 Français, Julie est sujette à des effets indésirables particulièrement handicapants.
"Quand la douleur est très vive, on a l'impression d'avoir une lame qui menace la paroi abdominale", témoigne Julie au micro de BFMTV, ce dimanche 31 janvier. Selon elle, et malgré son jeune âge, son corps est "meurtri".
Dès le réveil de son opération en septembre 2023, Julie ressent une vive douleur au ventre. Un peu plus tôt, lors de son rendez-vous pré-opératoire, le chirurgien lui avait promis qu'avec cette prothèse, qui "ressemble à un voile de mariée", sa paroi abdominale "sera solidifiée". Mais depuis Julie vit un enfer.
"Je marche très peu, explique Julie. Monter et descendre d'une voiture ça fait mal."
Des dizaines de milliers de patients seraient concernés par ces effets indésirables. C'est le cas d'Arnaud Denis, 42 ans. Ce comédien a déposé plainte le 5 janvier 2026 pour "blessures involontaires". Sa plainte, que nous avons pu consulter, a été déposée au Pôle de Santé publique du parquet de Paris. Depuis 17 juillet 2023, après la pose d'une prothèse devant soulager sa hernie inguinale, Arnaud Denis subit de graves complications. Les douleurs sont si fortes que le comédien envisage d'aller se faire euthanasier en Belgique.
Un scandale sanitaire silencieux
Son avocat, maître Philippe Courtois, estime que le cas d'Arnaud Denis "met en lumière un scandale sanitaire silencieux: des milliers de patients exposés à des implants à haut risque, sans information claire ni consentement éclairé, subissant de graves complications médicales dont la plupart sont irréversibles."
Maître Pierre Debuisson, avocat d'autres victimes de prothèses anti-hernies, a quant à lui déposé plainte pour tromperie aggravée, blessures involontaires, mais aussi homicides involontaires à la suite du suicide de plusieurs victimes de prothèses.
Selon lui, des prothèses auraient été posées "sur des patients qui n'en ont pas besoin." Il s'apprête à lancer une action collective nationale qui regroupera des "milliers, peut-être des dizaines de milliers de victimes pour attaquer ces médecins, les cliniques, les hôpitaux et leurs assurances, mais surtout le laboratoire américain qui a fabriqué ces prothèses".
En 2025, dans un communiqué, l'ANSM, rapportait déjà que "des déclarations récentes d'événements indésirables, par des patients, ainsi que des publications au niveau international peuvent susciter des interrogations sur les risques associés", sur des implants dits "de renfort pariétal".
Les effets indésirables signalés en 2024 comprenaient notamment des douleurs persistantes, "pouvant parfois altérer la qualité de vie", selon l'ANSM. Dans ce contexte, l'agence dit avoir lancé en août 2024 une action de "surveillance de marché", par laquelle elle a sollicité des éléments auprès des fabricants d'implants, mais aussi des distributeurs ou des importateurs.











