INFOGRAPHIE. Coronavirus: combien de temps est-on contagieux et doit-on s'isoler?

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Faut-il réduire la période de quarantaine? Invité de BFMTV ce samedi, Olivier Véran estimait que le délai de deux semaines actuellement en place était "sans doute trop long" pour les personnes testées positives au coronavirus et les cas contacts. Sollicité par le gouvernement, le Conseil scientifique a rendu un avis favorable à ce changement, a précisé le ministre de la Santé ce mardi matin sur France Inter.
Pour Olivier Véran, ce raccourcissement - s'il est validé vendredi en Conseil de défense - permettra une "meilleure adhésion" de la population, qui ne "ne respecte pas la quatorzaine" aujourd'hui.
À quoi ressemble la procédure actuelle ?
Depuis le déconfinement, la procédure, détaillée sur le site de l'Assurance-Maladie, est la suivante: on doit se placer en quatorzaine "si l’on est testé positif" ou "si l’on est en attente d’être dépisté après avoir été en contact avec une personne porteuse du virus".
A priori, dans le premier cas, le processus semble assez évident. Depuis le début de la pandémie, le principe de quarantaine a été appliqué à peu près partout dans le monde.
"On est parti du principe qu’on découvrait qu’on était malade et qu’ensuite on était contagieux pendant 14 jours. Finalement, les connaissances se sont affinées à ce sujet" résume François Pitrel, journaliste santé à BFMTV.
Seulement quelques jours de forte contagion
Il semblerait en effet que les personnes positives ne soient en fait très contagieuses "que" pendant quelques jours - entre 5 et 7 selon les patients.
"On est davantage contagieux dans les cinq premiers jours ou qui suivent les symptômes ou qui suivent la positivité d'un test", explique ce mardi matin Olivier Véran. "Et ensuite cette contagiosité diminue de façon très importante, et au-delà d'une semaine, elle demeure mais elle est très faible."
L'infographie ci-dessous compare la contagiosité des patients avec la procédure d'isolement mise en place en France. Cliquez sur les cases pour détailler le calendrier type de l'isolement d'un patient dépisté positif au Covid-19.
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Pour l'épidémiologiste Antoine Flahaut, plus l'isolement imposé sera "court, plus il sera facile à observer, plus il sera efficace". Le directeur de l'Institut de santé globale à Genève plaide pour une quarantaine de 5 à 7 jours.
Un choix critiqué par certains experts
Ce point de vue est cependant loin d'être partagé par tous les experts. Pour le spécialiste en santé publique Martin Blachier, interviewé jeudi sur RMC, il vaut mieux bien cibler les personnes qui présentent un vrai risque de contamination plutôt que réduire la quatorzaine:
"Les deux-tiers des personnes testées sont des gens qui pensent être des cas-contacts" avec "3% de résultats positifs. (...) On se retrouve donc avec 90% des quatorzaines qui sont inutiles".
Pour Djillali Annane, chef du service de réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Gerches interrogé lundi sur BFMTV, "la quatorzaine a démontré son efficacité" :
La quatorzaine fonctionne. Pourquoi réduire? Et à combien? 7, 10 jours? Les arguments scientifiques ne sont pas suffisament forts pour l’instant. (...) Je n’y suis pas favorable aujourd’hui. On constate en ce moment une croissance exponentielle de l’épidémie. On doit redoubler d’efforts pour la contenir. On ne doit pas encore alléger le dispositif. La temporalité n’est pas bonne.
La décision sera prise formellement "vendredi en cours d'un conseil de défense", ce qui "va nous donner un peu de temps pour solliciter d'autres experts pour la mise en place" de cette mesure, a précisé Olivier Véran sur France Inter ce mardi matin.











