Endométriose: un taux de mortalité légèrement plus élevé chez les malades, selon une étude

L’endométriose est une maladie qui touche plus d’une femme sur dix en âge de procréer (photo d'illustration). - Yuri_Arcurs - iStock
Les patientes atteintes d'endométriose ou de fibromes utérins ont un risque légèrement plus élevé de mourir avant 70 ans, avance une vaste étude publiée jeudi 21 novembre dans le British Medical Journal. En cause, des pathologies plus souvent présentes comme certains cancers.
"L'endométriose et les fibromes utérins (sont) associés, à long terme, à un plus gros risque de mortalité précoce", écrivent les chercheurs.
L'endométriose est une maladie chronique qui se traduit habituellement par de fortes douleurs au moment des règles et/ou par des troubles de la fertilité. Elle touche environ une femme sur dix.
Plus de 110.000 femmes suivies
L'endométriose et les fibromes utérins sont "également associés à un risque accru de décès par cancer gynécologique", indique l'étude. "L'endométriose est associée à un risque plus élevé de mortalité non cancéreuse", ajoutent ses auteurs.
L'étude a été menée entre 1989 et 2019 auprès de 110.091 femmes âgées de 25 à 42 ans sans antécédent d'hystérectomie et avant le diagnostic d'endométriose ou de fibromes, de maladies cardiovasculaires ou de cancer.
Toutes étaient des infirmières de nationalité américaine et dont l'état de santé était mesuré tous les deux ans. Au total, 4.356 décès prématurés ont été enregistrés.
Risques de cancer, de maladies respiratoires...
À partir de ces données, les chercheurs ont établi que les patientes atteintes d'endométriose et de fibromes utérins risquaient un peu plus souvent de mourir avant l'âge de 70 ans, seuil qu'ils définissent comme celui d'une mort précoce.
Ce risque s'explique par l'existence, déjà connue, de pathologies plus fréquemment associées à l'endométriose et aux fibromes utérins. Pour ces derniers, il s'agit essentiellement de certains cancers, tandis que pour l'endométriose, le panel de risques est plus large avec par exemple certaines maladies respiratoires.
Le risque de mourir tôt reste relativement faible pour les patientes. Pour l'endométriose, il est ainsi multiplié par 1,19 par rapport aux patientes qui ne sont pas atteintes par ces pathologies.
Une meilleure prise en compte nécessaire
Les données mettent pour autant en avant l'importance de prendre en compte l'existence de ces troubles lors des examens médicaux de routine, selon les auteurs de l'étude.
"Ces résultats soulignent l'importance pour les prestataires de soins de santé primaires de prendre en compte ces troubles gynécologiques dans leur évaluation de la santé des femmes", disent-ils, faisant référence aux médecins généralistes.
Ce travail s'inscrit dans un contexte où la santé féminine fait l'objet d'une plus grande attention de la part des chercheurs et des décideurs politiques.











