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Covid-19: un collectif de médecins et de chercheurs appelle à des mesures plus strictes à l'école

BFM Salomé Vincendon , Journaliste BFMTV
Un élève avant d'entrer à l'école primaire à Paris le 26 avril 2021

Un élève avant d'entrer à l'école primaire à Paris le 26 avril 2021 - Thomas SAMSON © 2019 AFP

"Le risque est majeur de voir l’épidémie prospérer à la faveur" de la réouverture des écoles, alerte le collectif dans une tribune publiée lundi dans Le Monde.

Un collectif de médecins et de chercheurs appelle dans une tribune, publiée lundi dans Le Monde, le gouvernement à prendre des restrictions dans les établissements scolaires, afin d'enrayer la circulation du Covid-19 en France. Après trois semaines de fermeture de l'ensemble des écoles, les élèves de maternelle et de primaire ont repris le chemin de la classe lundi. L'objectif de l'exécutif est de tenir jusqu'à la fin de l'année scolaire, sans que la réouverture n'aggrave la dynamique du virus.

Mais nombre de médecins mettent en garde sur la fragilité de la situation, alors que le nombre de malades en réanimation a franchi lundi la barre des 6000, un seuil qui n'avait plus été atteint depuis un an, pendant la première vague de l'épidémie.

"Le risque est majeur de voir l’épidémie prospérer à la faveur de cette réouverture, sous la forme d’un plateau haut, d’une lente décrue ou, possiblement, d’une nouvelle reprise épidémique avant l’été", écrit le collectif.

Des tests "pas en assez grand nombre et pas assez systématisés"

Pour limiter cette propagation, le gouvernement a annoncé le déploiement de 400.000 tests salivaires par semaine dans les écoles maternelles et primaires, avec un objectif de 600.000 d'ici la mi-mai. Le gouvernement a également déclaré avoir commandé 64 millions d'autotests pour les élèves de plus de 15 ans (un par semaine), les enseignants et autres personnels de l'Éducation nationale (deux par semaine).

Des tests "il y en a, mais pas en assez grand nombre et pas assez systématisés, toute la problématique est là", expliquait lundi soir sur BFMTV Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l'Union Française pour une Médecine Libre, signataire de la tribune. "Et puis il faut avoir des autotests, des tests salivaires pour toutes les classes d'âges, pas seulement pour les collèges, les lycées, mais commencer dès le plus jeune âge."

Les 600.000 tests salivaires semblent ainsi être une goutte d'eau face aux 6,7 millions d'écoliers en France. Or, pour avoir une incidence sur l'épidémie, le collectif réclame des tests réguliers, car un enfant négatif un jour peut être positif le lendemain. Ainsi, "des commandes massives de tests salivaires doivent impérativement être passées" et les campagnes de dépistage doivent être pratiquées. "En attendant, nous proposons de donner la priorité aux zones les plus touchées."

Lundi, la Haute autorité de santé (HAS) a autorisé les tests antigéniques et autotests, aux résultats rapides, aux moins de 15 ans, ce qui pourrait permettre d'augmenter sensiblement la facilité et la capacité de dépistage du Covid-19, notamment dans les écoles.

"Préparer la rentrée dès maintenant"

"Il faut préparer la rentrée scolaire de septembre dès maintenant", poursuit par ailleurs Jérôme Marty. "On avait alerté en juillet avec tous les protocoles à faire: on leur avait dit de faire des demi-jauges, des audits, regarder si les fenêtres s'ouvrent, les détecteurs de CO2, les purificateurs d'air... On n'a pas mis en place tout cela, on a perdu du temps."

Jean-Michel Blanquer se montre favorable seulement depuis quelques jours à la mise en place de purificateurs d'air dans la classe. "L’aération est clé", dans la lutte contre le Covid rappellent les signataires de la tribune du Monde. Et à "défaut d’appareils, la simple ouverture des fenêtres est impérative. Là encore, un nouveau protocole prévoyant d’aérer les classes une fois par heure est insuffisant", écrivent-ils, prenant en exemple l'Allemagne et ses trois aérations par heure.

Il faut être "en capacité par les tests itératifs d'aller débusquer le virus dès qu'il apparaît et de mettre en quelque sorte une cloche sur la zone où il apparait, étouffer et relever", déclare Jérôme Marty. "C'est comme cela qu'on peut gagner à côté de la vaccination, mais si on n'est pas pro-actifs (...) avec des frappes chirurgicales sur le virus, on n'y arrivera pas."

Le collectif de médecins rappelle que selon l'étude ComCor de l'Institut Pasteur, avoir un enfant qui va au collège ou au lycée représente un sur-risque plus important pour les adultes d'être contaminé par le Covid-19. "Il est à craindre pour le futur que le SARS-CoV-2 et ses variants échappant aux vaccins, aujourd’hui minoritaires, touchent principalement les enfants et fassent des écoles des foyers épidémiques importants", alertent en guise de conclusion les signataires.