BFM

Valls: le droit de vote des étrangers n'est pas « une revendication forte »

BFM La rédaction avec Reuters
-

- - -

Téléchargez la nouvelle application BFM
Alors que 75 députés socialistes pressent François Hollande d'accorder le droit de vote aux étrangers dans une tribune du Monde publié ce lundi, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls exprime, lui, son désaccord. « Ce débat risque de provoquer des fractures » prévient-il.

Manuel Valls affirme, dans le Monde daté du 18 septembre, que le droit de vote des étrangers n'est pas « une revendication forte » de la société, alors que le quotidien publie une tribune où 75 députés socialistes appellent François Hollande à tenir rapidement cette promesse de campagne. « Est-ce que c'est aujourd'hui une revendication forte dans la société française ? Un élément puissant d'intégration? Non », déclare le ministre de l'Intérieur au quotidien. « Ça n'a pas la même portée qu'il y a trente ans. Aujourd'hui, le défi de la société française est celui de l'intégration », ajoute-t-il.

« Il faut bien évaluer les conséquences d’un référendum »

« Attention à la jonction droite-extrême droite sur ce sujet. Il faut bien évaluer les conséquences d'un référendum, pas seulement en termes de résultats mais aussi de déchirure dans la société française. Ce débat risque de provoquer des fractures. Dans un moment de crise, on voit bien comment cela peut être utilisé, agité », met en garde Manuel Valls.
Dans le quotidien, 75 députés socialistes appellent à tenir « rapidement » la promesse de campagne de M. Hollande d'accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales, afin que cette réforme s'applique dès les municipales de 2014. « A celles et ceux qui nous disent que c'est trop tôt, et qu'il faut prendre son temps, nous répondons que c'est en commençant maintenant que nous aurons la possibilité de prendre notre temps pour faire cette réforme » qui « ne se fera pas en un jour » car elle nécessitera une réforme de la Constitution, ajoutent-ils.