UDI: accusations de fraudes, menaces et autres attaques entre amis

Jean-Christophe Lagarde, Jean-Louis Borloo et Hervé Morin le 6 mai 2013 lors d'une conférence de presse. - Bertrand Guay - AFP
C'est un scrutin pour le moins animé qu'aura vécu l'UDI. Six mois après le départ de Jean-Louis Borloo pour des raisons de santé, le parti centriste saura jeudi soir qui d'Hervé Morin ou de Jean-Christophe Lagarde sera son président. Le dépouillage du vote devrait être connu vers 20 heures. Un résultat qui vient clore des semaines de campagne électorale houleuse.
Cible des attaques: Jean-Christophe Lagarde. Le député-maire de Drancy, arrivé avec 700 voix d'avance à l'issue du premier tour, a été accusé par Hervé Morin d'avoir "gonflé" les fichiers d'adhérents dans son département de Seine-Saint-Denis. Soutenu par Jean-Christophe Fromantin, l'ancien ministre de la Défense a même mis en doute la "sincérité du scrutin".
La commission d'arbitrage dément les rumeurs
Devant les rumeurs et l'ambiance délétère au sein du parti, la commission nationale d'arbitrage et de transparence (Cnat) de l'UDI, chargée de superviser les opérations avec un huissier de justice, a fait une tardive mise au point. Et a finalement conclu qu' il n'y avait pas d'adhérents suspects sur les listes électorales.
Reste que le vote par courrier entamé il y a un mois et demi a été émaillé de dysfonctionnements: problèmes postaux, adhérents rayés des listes... Plusieurs centaines d'adhérents ont été réintégrés au fil de l'eau sur les listes après les protestations notamment du maire de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, qui affirme par ailleurs ne pas avoir "reçu de quoi voter au second tour".
Autre accusation de Jean-Christophe Fromantin: il maintient qu'un huissier a évoqué, lors d'une réunion, détenir des informations de nature à "alerter Tracfin" (service de renseignement chargé de surveiller les flux financiers clandestins), visant les pratiques de l'un des candidats.
"L'UDI n'a aucun avenir"
Au total, selon les chiffres communiqués par la Cnat mercredi, "28.755" électeurs étaient inscrits pour le second tour. Jusqu'à présent, c'est le chiffre de 28.300 qui circulait, attesté par les deux candidats en lice. 18.213 électeurs avaient voté mercredi, soit une participation supérieure à celle du premier tour.
Pour le camp Lagarde, les accusations -"rumeurs" et "insinuations"- ciblant tour à tour sa femme et son poste d'attachée parlementaire, et les adhésions dans sa ville de Drancy, ne sont qu'un signe de "panique", une façon de "discréditer par avance l'élection". En attendant, l'ambiance est des plus délétère au sein du parti centriste. "C'est une attaque contre le parti", déplore Chantal Jouanno sur LCP. "Si Hervé Morin gagne, je ne sais pas comment il va faire pour se réconcilier avec des personnes qu'il a attaquées aussi violemment", estime celle qui présentait une candidature commune avec Yves Jégo avant de se rallier au second tour à Jean-Christophe Lagarde. "Dans cette configuration, l'UDI n'a aucun avenir", se désole encore un élu, cité par le Huffpost.
Le parti centriste a pourtant intérêt à s'organiser. Car s'il veut survivre, il va devoir trancher sur un certain nombre de questions, notamment concernant 2017. S'allier à l'UMP, présenter un candidat, se rapprocher du MoDem de François Bayrou? Pour prendre une décision, il faudra un leader. Réponse dans quelques heures.












