Moralisation de la vie politique: climat délétère à l'Assemblée

Le projet de moralisation de la vie politique dégrade l'ambiance de l'Assemblée - -
Le projet de moralisation de la vie politique, dont les grandes lignes seront présentées mercredi, suscite déjà des critiques à droite comme à gauche. A l'Assemblée, beaucoup dénoncent un climat malsain et une dérive vers le voyeurisme. Tandis que ses partisans exigent plus de transparence pour les citoyens. Réactions.
"Jeter l'opprobre sur les élus"
Dévoiler son patrimoine est en effet une idée qui fait bondir de nombreux élus. Pour Éric Woerth, député UMP de l'Oise, par exemple, l'ambiance à l'Assemblée est même devenue "désastreuse et malsaine".
"Ça va créer des jalousies et des suspicions, on est en train de jeter l’opprobre sur l’ensemble des élus", assure de son côté le député UMP Sébastien Huyghe.
Mais à droite comme à gauche, certains craignent les dérives: "il faut faire attention à ne pas tomber dans le voyeurisme au pire dans la dictature concernant la vie privée", prévient le député socialiste René Dosière.
"Déballage populiste"
D'autres affirment que l'effet sur l'opinion publique pourrait être catastrophique.
Thierry Mariani rappelle que "l'on est dans un pays très judéo-chrétien", ainsi "quelqu’un qui a réussi, c’est quelqu’un qui est coupable", commente-t-il.
Benoist Apparu, ex-ministre UMP délégué chargé du Logement, y voit même une dérive populiste: "quelqu’un qui est au chômage et qui touche 1.000 euros et qui va dire regarde ces députés qui sont encore gavés d’argent, ils ont magouillé. Je crains le déballage populiste".
Un droit "légitime"
Quant aux partisans de cette mesure, ils plaident au contraire un droit légitime des citoyens.
"La transparence est toujours légitime, à partir du moment où l’on se pose des questions, et à partir du moment où il y a eu défaut de transparence, assure le député PS Bruno Le Roux.
Ces élus en faveur de cette mesure ne manquent pas de rappeler que dans l'Union européenne, seuls deux pays ne rendent pas publics les patrimoines des élus: la Slovénie et la France.
Toutefois, si l'ambiance se dégrade à l'Assemblée, la situation n'est pas celle des années trente.
"Dans les années trente, les critiques des hommes politiques, étaient une critique de la République. Aujourd’hui les Français soutiennent les juges et les médias qui font leur travail pour ramener au contraire les hommes politiques dans le respect de la République", explique le politologue Stéphane Rozès sur BFMTV.
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