Bernard Debré à Alain Juppé: "As-tu perdu la tête?"

Bernard Debré, député de Paris et soutien d'Alain Juppé, depuis l'Assemblée nationale sur BFMTV le 23 novembre 2016. - BFMTV
"Tu es devenu méchant et menteur", Bernard Debré a eu des mots durs sur son blog dans une lettre ouverte à Alain Juppé. "As-tu perdu la tête?", lui a-t-il même lancé. Ce soutien de François Fillon n'a pas apprécié les attaques du maire de Bordeaux contre le favori de la primaire de la droite et du centre. Depuis l'Assemblée nationale, le député de Paris a justifié sur BFMTV les raisons de son coup de gueule.
"Lamentable d'attaquer François Fillon sur l'IVG"
"J'ai été ulcéré des attaques d'Alain Juppé sur un certain nombre de sujets. J'ai trouvé lamentable d'attaquer François Fillon sur l'IVG. Je vous le dis, s'il avait été pour transformer la loi sur l'IVG, je ne l'aurais pas soutenu", a-t-il assuré.
Le Sarthois a créé la surprise au premier tour de la primaire et devient désormais le favori pour l'investiture de la droite et du centre en 2017. Loin derrière, le maire de Bordeaux fait figure d'outsider. "Le premier tour de la primaire a dû être pour toi une grande déception. Si tu avais été digne, tu aurais abandonné la compétition, l’écart entre ton score (28,5%) et celui de François Fillon (44,1%) étant sans appel", écrit Bernard Debré à Alain Juppé.
"Nauséabond et inacceptable"
Dans ce second tour difficile, le camp Juppé a décidé d'attaquer l'homme du Mans sur ses positions conservatrices et ses convictions personnelles, en particulier sur l'avortement. "Je suis chirurgien, j'ai vu avant la loi sur l'IVG des jeunes filles mourir parce qu'elles s'étaient fait avorter dans une arrière-boutique de faiseuses d'anges. Comment voulez-vous qu'un chirurgien accepte cela. L'attaque relayée par un certain nombre de ses lieutenants n'était pas acceptable. J'ai poussé ce cri en disant que c'était nauséabond et inacceptable", s'est indigné Bernard Debré.
Une autre stratégie utilisée par les Juppéistes consiste à pointer du doigt le ralliement à François Fillon d'ex-membres du Front national, en rupture de ban avec leur parti. "Une argumentation stupide et nauséabonde", selon Bernard Debré. "Nous sommes contre l'extrême droite et nous sommes les seuls à pouvoir leur faire barrage. Jamais il n'y aura d'accord avec l'extrême droite", a assuré l'élu LR.
"Des trotskistes chez les socialistes"
"On ne va pas trier les personnes qui viennent nous rejoindre. Il y a bien des trotskistes qui ont rejoint les socialistes. On ne va pas leur demander leur curriculum vitae. A la condition expresse qu'ils ne véhiculent pas les idées de l'extrême droite et qu'ils acceptent le projet de François Fillon", a précisé le chirurgien.
En attendant, pour Bernard Debré il ne fait aucun doute que son candidat emportera le second tour. La réaction du maire de Bordeaux sera alors scrutée. "J'espère qu'il aura la dignité comme Nicolas Sarkozy de dire je reconnais ma défaite et je soutiendrai François Fillon", a-t-il conclu.











