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Trois semaines après l'attaque du Thalys, les contrôles surprises se multiplient dans les trains

BFM Hélène Millard
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L'attaque évitée dans le Thalys Amsterdam-Paris le 21 août dernier avait provoqué un vif débat sur la sécurité dans les trains. Trois semaines plus tard, plusieurs mesures ont été mises en place, mais la vigilance de chacun reste un point clé de la sécurité.

La SNCF, comme le gouvernement l'avaient promis à la suite de l'attaque déjouée dans le Thalys Amsterdam-Paris, commence à renforcer la sécurité dans les trains. Alors que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a convoqué une réunion du comité national de la sécurité dans les transports en commun pour le 17 septembre prochain, des premières mesures de sécurité ont été mises en place.

Contrôles inopinés

Sur la ligne TGV Lyon-Paris, par exemple, la Police aux frontières (PAF) de Lyon a multiplié les contrôles inopinés. Très surveillés, notamment, les bagages inconnus, que le propriétaire n'a pas correctement étiquetés. Un oubli passible d'une amende de 178 euros, plus 38 euros de frais de dossier, si les forces de l'ordre doivent intervenir. En cas de conséquences sur le trafic, la SNCF peut même décider de porter plainte. Rien que la semaine dernière, la police a ainsi inspecté 47 trains à grande vitesse de la ligne Lyon-Paris, et interpellé 17 personnes.

L'intervention des forces de l'ordre est aujourd'hui encore indispensable. En effet, si le secrétaire d'État chargé des Transports, Alain Vidalies, a promis un renforcement des pouvoirs des agents de la Surveillance générale (Suge, police ferroviaire de la SNCF) pour leur permettre d'effectuer des fouilles visuelles des bagages, des palpations de sécurité et des patrouilles armées, cette mesure nécessite une modification législative. Une proposition de loi "de lutte contre la fraude et de renforcement de la sûreté dans les transports" a donc été annoncée par le député PS Gilles Savary, et pourrait être votée avant la fin de l'année, selon un communiqué de la SNCF.

Vigilance citoyenne

La compagnie de transports a également étendu comme prévu son numéro d'urgence, le 31 17, au signalement des situations anormales. Quarante-cinq agents ont été formés par des professionnels du renseignement, spécialistes des questions terroristes. Jusqu'ici destiné à signaler les malaises, vols ou incivilités, il peut désormais servir à avertir des "comportements sortant de l'ordinaire et qui pourraient s'apparenter à des actes de terrorisme", précise la SNCF.

Car la vigilance des usagers est primordiale dans la prévention des actes de terrorisme. "La mentalité française a besoin d'un changement. Il faut passer de l'individualisme et du principe de précaution à la volonté de se battre et de se défendre contre les gens qui vous veulent de mal", plaidait ainsi sur BFMTV Alain Juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE, rappelant que l'attaque du Thalys n'avait été évitée que grâce à l'intervention de quatre passagers étrangers.

Billets nominatifs

L'idée, un temps évoquée, d'installer des portiques de sécurité à l'entrée des quais, à l'image de ceux existant dans les aéroports, a en revanche été rapidement abandonnée. Trop difficile à mettre en place, dans un pays où cinq millions de personnes empruntent chaque jour près de 15.000 trains. "Si on mettait des portiques devant tous les trains, ce serait juste vingt fois ce qui se passe aujourd'hui dans les aéroports, expliquait Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, à BFM Business. Ce n'est pas une question de gros sous mais de faisabilité".

La SNCF devrait plutôt généraliser les billets nominatifs, notamment sur les trajets de longue distance. Le gouvernement envisage également "la possibilité de rendre obligatoire la détention de papiers d'identité dans les gares ou dans les trains", annonçait Bernard Cazeneuve en marge de la déclaration commune des ministres de l'Intérieur et des Transports réunis place Beauvau le 29 août dernier.