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Qu'attendre des nouvelles recherches autour du MH370, disparu en 2014?

BFM Elisa Fernandez et Charlotte Lesage avec Alice Dourlen
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Le 8 mars 2014, le vol MH370 de la Malaysia Airlines qui devait relier Kuala Lumpur à Pékin a disparu des radars. L'avion et ses passagers n'ont, depuis, jamais été retrouvés. De nouvelles recherches démarrent onze ans plus tard, ce mardi 30 décembre.

L'espoir d'une réponse, onze ans plus tard. Les recherches du vol MH370 de la Malaysia Airlines, disparu en 2014, reprennent ce mardi 30 décembre dans l'océan Indien, selon le ministère malaisien des Transports. Pendant 55 jours, une société d'exploration marine britannique passera au crible une zone "jugée comme présentant la plus forte probabilité de localisation de l'avion", indiquent les autorités.

Le 8 mars 2014, le Boeing 777 effectuait un vol de nuit reliant Kuala Lampur à Pékin lorsqu'il a disparu des écrans radar, environ 50 minutes après son décollage. Les 239 passagers n'ont jamais été retrouvés, ainsi que l'épave de l'avion, et ce malgré les recherches menées notamment dans l'océan Indien après le drame.

Une enquête judiciaire est toujours en cours en France, quatre des passagers à bord du vol MH370 étant Français. Depuis 2014, plusieurs hypothèses ont été explorées et de nombreuses théories du complot ont été développées pour tenter d'éclaircir ce mystère, l'un des plus importants de l'histoire de l'aviation civile.

Parmi les pistes à l'étude, celle d'un suicide du pilote, celle d'un détournement de l'avion par l'un des passagers ou encore celle d'une collision avec un missile lors d'essais.

Plusieurs drones sous-marins

Ce mardi 30 décembre, les recherches de l'appareil, de débris ou des boîtes noires reprennent dans l'océan Indien. La société britannique privée Ocean Infinity va mener ces opérations qui se concentreront dans une zone ciblée de près de 15.000 km2. La société ne communique pas davantage sur le périmètre de recherche. Sollicitée par Le Parisien, elle rapporte qu'au regard "de l'importance et de la sensibilité de ces recherches", elle laissera le "gouvernement malaisien" le faire.

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Quant à la technique utilisée pour mener à bien ces recherches: "C'est d'abord un navire, un vaisseau mère de presque 80 mètres qui va envoyer des drones sous-marins. Ils vont aller jusqu'à 6.000 mètres de profondeur", explique Patrick Sauce, chef du service international de BFMTV. "L'idée est qu'il cartographie, le plus précisément possible, une zone immense, c'est-à-dire un grand périmètre d'environ 15.000 km. C'est absolument immense."

Ces eaux, à la fois profondes et froides, sont "parfois très accidentées", analyse Patrick Sauce. "La cartographie n'est pas forcément facile, et même 6.000 mètres de profondeur, les conditions météos peuvent être assez déterminantes."

Des chances d'y croire?

De nombreuses recherches ont été menées après la catastrophe aérienne. En 2018, la société Ocean Infinity avait déjà tenté de retrouver le Boeing 777. La société privée spécialisée dans la recherche sous-marine s'était alors concentrée sur une zone de recherches de près de 25.000 km2. Elles avaient, là aussi, été rendues possibles grâce à huit drones dotés de caméras capables de plonger jusqu'à 6.000 mètres de profondeur. Malgré quatre mois de fouilles intensives, ni l'appareil ni les boîtes noires n'avaient été retrouvés.

En février 2025, onze ans après la catastrophe aérienne, la même société d'exploration maritime avait repris les recherches, suspendues en avril de la même année à cause des conditions météorologiques.

À partir de ce mardi 30 décembre, les recherches reprendront sur une zone plus restreinte de 15.000 km2 dans le sud-est de l'océan Indien. Une zone "ciblée jugée comme présentant la plus forte probabilité de localisation de l'avion", avait précisé le ministère malaisien des Transports dans un communiqué de presse, en décembre dernier.

"On reste quand même dans le domaine de l'aiguille dans une botte de foin, mais on a compris qu'il y avait un peu plus d'espoir cette fois-ci pour retrouver des débris. Peut-être pas jusqu'aux boîtes noires, mais au moins comprendre un peu mieux ce qu'il s'est réellement passé", analyse Patrick Sauce, chef du service international de BFMTV.

Si elle retrouve l'épave, la société privée percevra une somme d'argent du gouvernement malaisien. Cette somme pourrait avoisiner les 70 millions d'euros.

Que faire en cas de découvertes de débris?

Une question trotte dans toutes les têtes: que se passerait-il si un morceau de l'avion était découvert? Selon The Guardian, le navire utilisé pour les recherches peut envoyer, en plus des drones sous-marins, des véhicules télécommandés.

Ces appareils peuvent d'une part diriger un projecteur sur un objet afin qu'il puisse être filmé et photographié, mais ils sont également dotés de bras robotisés. Commandés à distance, ils peuvent saisir, retourner et inspecter les objets voire les remonter à la surface en cas de petite taille.

"Je pense qu'on ne cherche pas au bon endroit"

Invité sur BFMTV dans l'émission Affaire Suivante le 7 décembre dernier, un proche de trois victimes françaises s'est dit "content" de voir les recherches reprendre, onze ans après les faits.

"On ne sait toujours pas où ils sont, ce qu'il s'est passé. On oublie un peu cette affaire", regrette Ghyslain Wattrelos, qui a perdu son épouse, sa fille et l'un de ses fils dans le drame.

Il affiche cependant un fort scepticisme quant aux résultats de ces nouvelles vérifications dans l'océan Indien. "Je pense qu'on ne cherche pas au bon endroit et que ce sera encore un coup d'épée dans l'eau", explique-t-il, convaincu que l'avion est tombé à l'endroit où les radars ont perdu sa trace. "Je suis un peu désespéré mais je suis content qu'on en reparle."