Policier soupçonné du meurtre de sa compagne: les enjeux de l'enquête de l'IGPN

Soupçonné d'avoir étranglé et tué sa compagne dans son appartement du 19e arrondissement de Paris après que la dépouille de la jeune femme y a été découvert vendredi soir dernier, un policier est toujours introuvable ce jeudi. Dans le cadre des investigations menées pour tenter de le localiser, l'homme a été automatiquement inscrit au fichier des personnes recherchées. Il fait également l'objet d'une enquête sous le chef d'homicide volontaire sur concubin.
Mais son statut de fonctionnaire de police, les faits présumés et son profil psychologique personnel - encore accentué par son parcours judiciaire - le placent de surcroît au centre d'une autre procédure. En effet, comme nous le signalions dès mercredi soir, une enquête a été ouverte par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). BFMTV.com en reprend les enjeux.
Ce que dit le Code de déontologie
Toute enquête de l'IGPN a bien sûr pour horizon l'établissement - ou la réfutation - d'une erreur ou d'une faute interne à la police. Or, la personnalité, la trajectoire et la disparition de ce fonctionnaire de police exerçant habituellement au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, avec son arme de service placent son institution dans une situation bien précaire.
Les questions que doivent désormais démêler les membres de la "police des polices" sont donc les suivantes: cet agent aurait-il dû être désarmé et suivi médicalement en amont? Si oui, peut-on parler de dysfonctionnements au sein de sa hiérarchie? Et si l'on devait encore répondre par l'affirmative à cette seconde question, une troisième se présente naturellement: quelles responsabilités établir alors?
Le Code de déontologie de la police statue qu’un chef de service doit veiller à la sécurité de ses subordonnées. Au cas où il identifierait la fragilité psychologique d'un subordonné, il peut en demander le désarmement et le suivi par un médecin. Or, le suspect du crime constaté vendredi dernier était tenu à la fois pour violent et fragile.
Un parcours accablant
Sa chronologie personnelle montre ainsi une tentative de suicide en 2018 puis, courant 2019, le lancement d'une enquête à son encontre pour violences conjugales. Il est d'ailleurs condamné à un stage de sensibilisation dans la foulée mais n'écope que d'un avertissement, qui ne figurera pas dans son dossier.
Pauline Barron, coordinatrice du collectif "Nous Toutes", en tire une autre gageure qui, si elle n'entre pas directement dans les attributions de l'IGPN, en alourdit encore la toile de fond:
"Comment un homme auteur de violences conjugales lorsqu’il est policier va faire un bon suivi d’une plainte pour violences conjugales?"
Autant de points d'interrogation que les jours à venir auront à charge de lever.












