"Je n'arrive pas à expliquer son geste": stupeur et émotion à Meaux après le meurtre d'une famille

Une ville en plein deuil. Après la découverte de cinq corps dans un appartement de Meaux, une mère de famille de 35 ans et ses quatre enfants, la ville de Seine-et-Marne est plongée dans la tristesse et dans le désarroi, comme recouverte par une chape de plomb.
Dans le quartier où se trouve le logement, la consternation laisse place aux larmes, et les proches des victimes ont bien du mal à retenir leur chagrin. En pleurs auprès de BFMTV, une voisine inconsolable se rappelle d'une famille d'origine haïtienne plutôt unie.
"Je voyais les enfants qui jouaient avec le papa. Il n'y avait rien de suspect, je les voyais par la fenêtre tous les jours, et voir ça... Ce n'est pas possible de faire des choses comme ça, c'est pas possible, c'est dur", dit-elle.

Devant l'immeuble, un autel improvisé a été mis en place afin de rendre hommage aux cinq victimes. Bougies, peluches et fleurs y ont été déposées. "Tu méritais pas, tu méritais mieux", dit, entre deux sanglots, une femme venue se recueillir.
"Il titubait"
Pour autant, la famille, au-delà de l'image perçue par les voisins, traversait bel et bien des difficultés. Le père de famille, principal suspect interpellé lundi à Sevran, est suivi pour des troubles dépressifs et psychotiques depuis 2017 et avait déjà agressé sa femme au couteau en 2019. Peu avant le drame, un voisin l'a croisé et l'avait trouvé son comportement étrange.
"Pour moi il avait l'air d’être bizarre. Il titubait, comme quelqu’un qui était alcoolisé un peu. Je l'ai regardé mais il ne m’a pas regardé, et quand je suis arrivé, j’ai vu plein d’affolement", dit-il, anonymement, toujours à BFMTV.
Selon un autre riverain, il existait bel et bien un fossé entre les personnalités du suspect et de la victime. S’il se rappelle de la mère comme "très joyeuse, toujours avec le plaisir, toujours là à discuter avec les autres, tout le temps gentiment", lui est décrit comme "quelqu'un qui avait l’air plutôt calme à première vue."
La mère de famille était "une très bonne personne, connue de tous, très joviale", a assuré sur place à la presse Nadine Coulibaly, se présentant comme l'amie et la voisine ayant alerté les forces de l'ordre. "Elle vivait pour sa famille. Monsieur ne travaillait pas, c'est elle qui faisait vivre la famille", a-t-elle dit, aux abords de l'appartement familial, délimité par un ruban de signalisation.
"Je n'arrive pas à expliquer son geste. C'est quelqu'un dans sa bulle, il ne parlait à personne", a répété cette voisine, informée des troubles psychiatriques du conjoint. D'après elle, le couple n'était pas en train de se séparer, un élément parfois déclencheur d'un passage à l'acte.
Une cellule psychologique a été mise en place en début d'après-midi dans le centre social qui jouxte le quartier du drame à Meaux.












