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"J’ai honte", dit l’ex-responsable du FN jugé pour avoir incendié des voitures

BFM V.R. avec Cécile Danré, David Bouteiller et Nicolas Behar
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Il incendiait des voitures la nuit, dénonçait l'insécurité dans sa ville le jour... L'ancien numéro deux du Front national en Seine-et-Marne Adrien Desport, qui fait aujourd'hui son mea culpa, est jugé avec cinq autres militants du FN ce mercredi. 

Incendier des voitures pour faire croire à une montée de l'insécurité et mieux la dénoncer... L'ancien numéro deux du FN en Seine-et-Marne Adrien Desport doit aujourd'hui s'expliquer devant la justice: notamment soupçonné d'avoir incendié volontairement 13 voitures à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) dans la nuit du 7 au 8 avril, il est jugé avec cinq autres militants du FN devant le tribunal correctionnel de Meaux ce mercredi.

La justice lui reproche d'avoir incendié des voitures en Seine-et-Marne et dans le Val-d'Oise, participé à une association de malfaiteurs, dénoncé une agression imaginaire, consommé des produits stupéfiants ou encore vandalisé des véhicules.

"C’était une bêtise"

A 25 ans, Adrien Desport - aujourd'hui suspendu du FN - s'imaginait voué à une grande carrière au sein du parti. Mais le voilà tout juste sorti de deux mois de prison et menacé d'y retourner pour 10 ans. Il décrit à BFMTV l'engrenage infernal qui l'a poussé à mettre le feu à ces véhicules et veut s'excuser auprès des victimes qu'il a commencé à indemniser.

"C’était complètement une erreur, une bêtise, sous l’emprise de médicaments, sous l’emprise d’alcool. J’en suis désolé, j’en ai honte. Et j’en ai tellement honte que j’ai prévu de quitter la ville de toute façon", dit-il dans un léger sourire.

Dès le lendemain des incendies, il dénonçait l'insécurité dans sa ville de Mitry-Mory mais rien n'était programmé selon lui. Le jeune homme assume les faits mais pas d'avoir manipulé ses camarades ni d'avoir tout orchestré à des fins politiques. "La récupération politique a été minimale parce qu’il y a eu un communiqué lambda qui a été fait. Je ne convoitais pas de poste électif à ce moment là. On n’était pas en période de campagne", se défend-il.

"Calcul"

Mi-juillet, Adrien Desport a fait son mea culpa dans une lettre envoyée à la mairie de Mitry-Mory. "C’est avec tristesse et indignation que je vous écris, étant le seul à vouloir assumer les conséquences des actes auquels j’ai participé", était-il écrit dans ce courrier.

Des excuses que Charlotte Blandiot-Faride, maire PC de la commune, juge tardives et pas totalement désintéressées. "Je pense qu’il a des intentions politiques derrière", juge l'élue. "Et que ce mea culpa qui vient très tard, en fait, dans cette affaire est un calcul pour essayer de rebondir à un autre moment."

Adrien Desport risque, d'après son avocat, "jusqu'à 10 ans de prison et quelques milliers d'euros d'amende".