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"Il a ôté la vie à un ado": la mère de Mathis, tué par un chauffard ayant commis un refus d'obtempérer à Lille, témoigne

BFM Sophie Cazaux
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Mathis, 19 ans, est mort dans la nuit de vendredi à samedi après avoir été renversé par le conducteur d'une voiture qui roulait à vive allure à Lille. Sur BFMTV, sa mère a fait part de son incompréhension et a rendu hommage à son enfant, "un garçon "rayonnant".

Il "devait fêter ses 20 ans mercredi". Laetitia, la mère de Mathis, 19 ans, tué par un chauffard dans la nuit de vendredi à samedi à Lille, a témoigné sur BFMTV ce mardi 4 novembre. "On essaie de tenir le coup, mais c'est affreux ce qui nous arrive", a-t-elle déclaré.

Mathis était "un enfant qui avait le goût de vivre, qui était rayonnant", a poursuivi Laetitia. "On se dit, 'pourquoi lui, pourquoi cette personne était au volant d'une voiture en délit de fuite' et 'pourquoi elle était encore en liberté?'", a-t-elle déploré. "Pourquoi cette personne n'était pas (derrière) les barreaux?"

Un homme mis en examen

Mathis a été tué samedi à 4h48 du matin, en plein centre-ville, près de la préfecture. "Percuté par un véhicule qui roulait à vive allure", il est "décédé sur le coup avant l'arrivée des pompiers", a détaillé Samuel Finielz, procureur de Lille, dans un communiqué.

"Quelques mètres après l'accident, le mis en cause s'est arrêté et a tenté de prendre la fuite à pied avant d'être interpellé", a poursuivi le procureur.

"Il a ôté la vie à un ado qui n'avait qu'envie de vivre", a déclaré la mère de Mathis sur BFMTV. "Je ne peux pas comprendre (...) ce sont des choses qui ne devraient pas arriver", a-t-elle ajouté.

Mathis, d'origine haïtienne, avait été adopté à l'âge de 16 mois, a raconté Laetitia, décrivant un enfant "doué" qui "adorait apprendre". Il "venait de prendre son indépendance".

Le conducteur présumé du véhicule, un homme âgé de 31 ans "connu pour des délits routiers", a été mis en examen dimanche pour homicide routier avec trois circonstances aggravantes: violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité et de prudence, délit de fuite et refus d'obtempérer.

"Des bouteilles de protoxyde d'azote ont été trouvées dans le véhicule", a ajouté le procureur, précisant que l'enquête permet pour l'heure d'établir "une consommation de protoxyde d'azote contemporaine de la conduite du véhicule". Le suspect n'a pas reconnu les faits et a contesté avoir conduit le véhicule, a précisé le procureur.

Le délit d'homicide routier créé cette année

La loi créant le délit d'homicide routier a été promulguée en juillet après un combat de plusieurs années des familles et associations de victimes. Avec ce délit, les responsables d'accidents mortels de la circulation accompagnés d'au moins une circonstance aggravante sont désormais poursuivis pour homicide routier. Lorsqu'un conducteur se rend coupable d'au moins deux de ces circonstances, il est passible de 10 ans d'emprisonnement.

Concernant le protoxyde d'azote, "nous luttons contre le trafic de bonbonnes" mais "il faudra un moment s'interroger sur une modification des règles législatives sur la vente de ce type de produits", a souligné le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.

Le Sénat a voté en mars la pénalisation de l'usage détourné du protoxyde d'azote ou "gaz hilarant", sans aller toutefois jusqu'à interdire totalement sa vente aux particuliers, comme l'avaient fait auparavant les députés. L'avenir de cette loi dépendra des négociations entre les deux chambres.

Par ailleurs, comme d'autres villes, la mairie de Lille a pris en mai un arrêté interdisant l'utilisation, la vente ou la consommation de protoxyde d'azote sur la voie publique.