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Couturier chinois tué en 2016: à Aubervilliers, le sentiment d’insécurité toujours présent

BFM C. B avec William Helle
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Le procès de deux jeunes hommes accusés de l'agression mortelle d'un couturier chinois en 2016 à Aubervilliers doit s'achever ce mardi. Deux ans après les faits, l'émotion reste vive dans la communauté chinoise de la ville, qui se sent toujours menacée.

Cette agression mortelle était devenue le symbole du racisme envers les asiatiques. Le 7 août 2016 à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, Chaolin Zhang, un couturier chinois de 49 ans et l'un de ses amis avaient été violemment agressés par plusieurs adolescents qui voulaient s'emparer de leur sacoche. 

Tombé au sol après un violent coup de pied, Chaolin Zhang était mort quelques jours plus tard. Son décès avait entraîné une vague de manifestations de la communauté chinoise pour dénoncer le racisme. Alors que deux jeunes hommes comparaissent depuis vendredi à Bobigny, la communauté chinoise reste marquée par cet événement. 

"On est souvent victimes de vols"

Parmi les membres de la communauté chinoise, bien implantée à Aubervilliers, ils sont nombreux à se sentir en insécurité dans les rues de la commune.

"Il faut faire attention le soir quand il n'y a pas beaucoup de gens dans les rues", "je ne me sens pas en sécurité. Après le travail je rentre rapidement. Je n'aime pas trop rester ici, on est souvent victimes de vols", témoignent ainsi à visage caché plusieurs habitants. 

Les associations dénoncent le caractère raciste de ces attaques ciblées contre les membres de la communauté.

"Les malfaiteurs peuvent les suivre jusque chez eux et ensuite faire un cambriolage au sein de la maison des commerçants. Quand on désigne une communauté comme victime, c'est un problème raciste", estime Taki Zhang, vice-président du Conseil représentatif des associations asiatiques de France (CRAAF).

Derrière ces agressions en hausse selon la police, les asiatiques seraient victimes de préjugés. "Ils sont la cible des malfaiteurs qui n'hésitent pas à les suivre et à les agresser en espérant récupérer de l'argent liquide qu'ils auraient sur eux", explique Eddy Sid, porte-parole du syndicat SGP-Police FO Ile-de-France. Alors que la commune est confrontée à d'autres problématiques comme le trafic de stupéfiants, le policier déplore le "manque d'officiers de police judiciaire pour pouvoir traiter ces affaires".