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Combats de coqs: le Conseil constitutionnel va trancher pour ou contre les gallodromes

BFM Jé. M. avec AFP
Est-il possible, en France, de construire de nouveaux gallodromes, pour y organiser des combats de coqs? Les Sages de la rue Montpensier se penchent sur cette question ce vendredi.

Est-il possible, en France, de construire de nouveaux gallodromes, pour y organiser des combats de coqs? Les Sages de la rue Montpensier se penchent sur cette question ce vendredi. - Philippe Huguen - AFP

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Est-il possible, en France, de construire de nouveaux gallodromes, pour y organiser des combats de coqs? Les Sages de la rue Montpensier se penchent sur cette question ce vendredi.

C'est le sort d'une tradition contestée qui se trouve entre les mains des Sages. Le Conseil constitutionnel doit dire, ce vendredi, si l'interdiction de créer en France de nouveaux gallodromes pour y organiser des combats de coqs est, ou non, conforme à la Constitution. Selon la réponse, les combats de coqs, encadrés et limités à certaines régions françaises, pourraient être relancés ou appelés à s'éteindre dans les prochaines années.

L'exception de la "tradition locale ininterrompue"

Les sages de la rue de Montpensier ont été saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par deux Réunionnais, poursuivis en justice pour avoir ouvert mi-2012 un nouveau lieu de combats dans leur quartier, à Sainte-Marie.

L'article 521-1 du Code pénal réprimant les sévices et actes de cruauté envers les animaux fait une exception pour les courses de taureaux et les combats de coqs "lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée". Les juges constitutionnels avaient déjà reconnu en 2012 la conformité de cette "différence de traitement" dans une décision portant la corrida, mais ils ne s'étaient pas exprimés sur la condamnation par la loi "de toute création d'un nouveau gallodrome".

A l'audience, le 21 juillet, l'avocate des deux Réunionnais, Fabienne Lefèvre, a estimé que cette interdiction instaurait "une différence de traitement significative, une rupture d'égalité devant la loi" avec la corrida, car la loi ne dit rien sur la construction de nouvelles arènes.

Objectif: l'extinction de cette pratique

Pour le représentant du gouvernement, au contraire, l'interdiction des nouveaux gallodromes trouve sa justification dans la volonté du législateur d'instaurer une exception culturelle "momentanée" pour les combats de coqs, qui vaudra tant qu'ils subsisteront dans les régions où ils sont déjà implantés, mais qui "doit déboucher à terme sur l'extinction de cette pratique".

"Comment peut-on en 2015 envisager de supprimer une disposition dont le but était justement de sortir de la barbarie?", a demandé la Fondation Brigitte Bardot. "Si le Conseil devait donner raison aux contrevenants ce serait une insulte à la justice". 

La pratique des combats de coqs, qui remonterait à l'Antiquité, s'est répandue sur tous les continents, où elle sert souvent de support de paris. Les animaux s'affrontent au centre d'un espace circulaire dans une salle appelée gallodrome.

Deux ans de prison et 30.000 euros d'amende encourus

Mais leur organisation est devenue controversée avec le temps en raison notamment des mutilations ou de la mort des animaux, dont les ergots sont parfois rabotés et remplacés par une lame ou une pointe métallique. En France, ces combats sont autorisés seulement là où la tradition est ancrée: Nord-Pas-de-Calais, la Réunion, Guyane, Antilles et Polynésie. Ailleurs, ils sont interdits et les contrevenants s'exposent à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende.