Affaire Gilbert Gaudry: quel est ce sixième "cold case" dans lequel le Grêlé est désormais le suspect numéro un?

François Verove, identifié comme le tueur en série "le Grêlé", recherché depuis 1986 - BFMTV
Gilbert Gaudry a-t-il été victime du "Grêlé"? C'est l'hypothèse désormais privilégiée par le Pôle dédié aux crimes sériels et non élucidés du parquet de Nanterre. Depuis 2024, les enquêteurs du pôle "cold cases" travaillent sur le meurtre de ce dessinateur industriel, tué en 1990 dans l'Essonne.
À l'aune d'un rapport balistique et d'une expertise en écriture menés dans le cadre de ce dossier resté sans réponse pendant des années, ils portent désormais de solides soupçons sur François Vérove, surnommé le "Grêlé", nous indique le parquet, confirmant une information du Parisien.
En 2021, alors que l'étau se resserrait autour de lui, l'homme s'était suicidé, laissant derrière lui une lettre dans laquelle il s'accuse de meurtres, sans mentionner les noms des victimes, maintenant un flou sur le nombre et l'identité de ces dernières.
Des indices, mais pas de suspect
Au début du mois de juin 1990, un homme est retrouvé attaché à un arbre dans les bois de Saint-Aubin, lieu connu pour être fréquenté à l'époque par des délinquants et exhibitionnistes, non loin d'Évry dans l'Essonne. La victime, identifiée comme un dessinateur industriel de 43 ans nommé Gilbert Gaudry, a été abattue d'une balle derrière la tête.
Sur la scène de crime, les enquêteurs retrouvent une balle de PA MAC 50 de 9mm, un type de munition utilisé notamment par les gendarmes avec leurs armes de service.
Ils découvrent également que le chéquier de la victime a été utilisé dès le lendemain du meurtre, et ce à plusieurs reprises, pour effectuer divers achats autour de Paris, notamment un magnétoscope. Interrogés, plusieurs témoins ayant été en contact avec l'usurpateur rapportent que ce dernier détenait une carte siglée d'un bandeau tricolore, à l'instar de celle des policiers et des gendarmes.
Malgré ces quelques indices, les investigations de l'époque ne permettent pas de mettre la main sur un suspect, et le meurtre de Gilbert Gaudry reste inexpliqué pendant de longues années.
Le meurtre rapproché du parcours du "Grêlé"
Il faut attendre 2024 pour que le dossier connaisse un sursaut, pris en main par les enquêteurs du pôle "cold cases". Depuis deux ans déjà, les magistrats décortiquent le parcours et le mode opératoire du "Grêlé", de son vrai nom François Vérove, auteur de plusieurs meurtres et viols dans les années 1980 et 1990.
Si l'homme est soupçonné de s'en être pris exclusivement à des jeunes filles et des femmes, certains éléments le désignent à présent comme suspect numéro un dans l'enquête sur le meurtre de Gilbert Gaudry.
D'une part, un rapport balistique réalisé courant 2025 établit que le pistolet ayant appartenu à François Vérove, ancien gendarme, présente une "signature balistique compatible" avec la balle retrouvée dans la tête de Gilbert Gaudry, indique le parquet de Nanterre. Impossible cependant d'affirmer que l'arme que le "Grêlé" aurait utilisée pour ce meurtre est celle qui a servi pour son suicide, précise la même source, puisque la balle du crime a depuis été détruite.
Autre élément permettant d'envisager François Vérove comme un suspect crédible: une expertise en comparaison d'écritures a également conclu que ce dernier est l'auteur des falsifications des chèques dérobés à Gilbert Gaudry, en 1990.
Plusieurs victimes en région parisienne
Le "Grêlé" avait été surnommé ainsi en référence à son grain de peau, que des victimes avaient décrit comme irrégulier. L'homme est soupçonné d'être impliqué dans plusieurs dossiers en région parisienne, notamment du viol et du meurtre de Cécile Bloch, âgée de 11 ans. La petite fille avait été retrouvée morte poignardée au sous-sol de son immeuble, dans le 19ème arrondissement de Paris, en mai 1986.
Les analyses ADN conduites sur François Vérove après son suicide à l'âge de 59 ans avaient permis aux enquêteurs de confirmer son lien avec plusieurs dossiers restés jusqu'ici sans réponse, notamment de trois meurtres dont celui de Cécile Bloch, et de deux viols.
Le faisceau d'indices dans l'enquête sur le meurtre de Gilbert Gaudry pourrait bien désigner ce dernier comme la sixième victime du tueur.













