L'émission d'Antoine: de Caunes retrouve la légèreté de ses débuts

Antoine De Caunes sur le plateau de "L'Emission d'Antoine" le 29 octobre 2015 - Thomas Samson - AFP
"Je retrouve l'esprit labo", explique Antoine de Caunes, cinq mois après avoir dû céder sa place d'animateur-vedette du Grand Journal à Maïtena Biraben. Dans L'Émission d'Antoine, qui passe assez tard (22H45) pour s'affranchir des tabous, un thème de société sera disséqué chaque semaine -"le poil", pour la première- en mariant insolite et humour.
Au programme des prochaines semaines, la peur et l'ennui. Pour l'épauler, des amis de longue date: le producteur Bertrand Delaire et l'auteur-réalisateur Peter Stuart, son complice depuis Rapido, sa première émission sur Canal+.
"J'ai un espace de jeu ou je peux faire ce que je veux. Une liberté totale, validée par Maxime Saada (directeur général de Canal+) et Vincent Bolloré (son nouveau patron) lui-même, avec qui j'ai eu une longue conversation. Il connaissait bien l'histoire de la chaîne, et ma parenthèse anglaise. Il a été très encourageant".
30 ans de carrière sur Canal +
Vincent Bolloré lui a assuré qu'il restait une des valeurs sûres de la chaîne. Même évincé du Grand Journal, Antoine de Caunes reste, à 61 ans, viscéralement attaché à Canal+, après 30 ans de carrière sur une chaîne qu'il n'a pas envie de quitter.
Pour sa première émission vendredi, il reçoit une jeune britannique sexy et barbue et le "sculpteur" capillaire Charlie Le Mindu, puis se met en scène dans un reportage sur un concours de moustache, et présente un sujet sur une actrice porno militante de la pilosité.
A ses côtés, une bande d'humoristes rescapés de l'ancienne formule du Grand Journal -Monsieur Poulpe, Alison Wheeler- et de jeunes talents comme la comédienne Fred Weiss, repérée sur YouTube.
"Distraire, un verbe très noble"
L'enregistrement se fait devant une petite centaine de spectateurs, dans un studio de Canal+ - l'illustration de la volonté de Vincent Bolloré de réaliser les émissions en interne. "J'apprécie de retrouver cette liberté de mouvement, après deux ans de quotidienne très exposée. C'est une émission en crypté, ça ne me gêne pas du tout: ma préoccupation première n'est pas qu'on voie ma tronche mais que je m'amuse à faire ce que je fais, que ça me corresponde", raconte celui pour qui "distraire est un verbe très noble". "Et le crypté est l'endroit où cela va se développer cette année", remarque-t-il. Il envisage déjà d'exporter son émission en Angleterre.
"Le Grand Journal est soumis à une concurrence qu'il n'a pas connue pendant longtemps. J'ai voulu l'amener vers quelque chose de plus divertissant, mais c'est une case disséquée par le marketing, où la marge de manoeuvre est très faible", commente-t-il.
Pour lui, plus question de mélanger politique et show business: "Les hommes politiques ont perdu beaucoup de crédit, le temps est venu de les laisser s'exprimer dans des émissions dédiées, des émissions politiques", explique-t-il.
"Dans cette émission, ce sont les excentriques qui m'intéressent, ils me consolent de la norme, racontent une histoire sur notre époque. J'ai fait pendant dix ans une émission en Angleterre, Eurotrash, où on faisait défiler des "freaks" sur le plateau", rappelle-t-il.
En écartant Les Guignols, en modifiant Le Grand Journal, Vincent Bolloré a-t-il sonné le glas de "l'esprit Canal"? "S'il s'agit d'avoir un ton décalé", Yann Barthès au Petit Journal "ne parle par comme Laurent Delahousse" sur France 2, répond Antoine de Caunes. "Et pour moi, j'ai une liberté totale."











