"Mercredi" saison 2: le macabre retour de Jenna Ortega dans la série de Tim Burton sur Netflix
Jenna Ortega dans le rôle de Mercredi Addams. - JONATHAN HESSION/NETFLIX
Au bord d'une route forestière, entre les arbres, un homme se faufile. Entre ses mains, un appareil photo. Dans son objectif, un couple s'embrasse langoureusement. Le voyeur multiplie les prises de vue, avant d'être soudain distrait par un battement d'ailes - celui d'un corbeau défiguré. Il est suivi d'une horde menaçante qui s'attaque au photographe jusque dans sa voiture. Ce dernier meurt, les orbites apparents grignotés par les corneilles.
Non, il ne s'agit pas des Oiseaux (1963) de Hitchcock, mais bien de l'épisode introductif de la saison 2 de Mercredi, réalisé par Tim Burton. À l'image de cette scène, la première moitié - prometteuse - rend hommage aux grands classiques du film d'horreur, tout en proposant une suite divertissante à la série. Les quatre épisodes sont à retrouver ce mercredi 6 août sur Netflix.
Une vision dérangeante
Rentrée des classes à Nevermore. Comme beaucoup d'élèves, Mercredi (Jenna Ortega) n'est pas forcément ravie de retourner en cours. Comme peu d'entre eux, elle a passé son été à traquer un tueur en série et a terminé un roman (rien que ça). Cette année, elle y est rejointe par son petit frère: l'intrépide benêt Pugsley (Isaac Ordonez), qui tente de faire ses marques dans l'ombre de la frangine.
Dans l'ombre, oui, parce que l'aînée de la Famille Addams jouit d'une soudaine célébrité…qu'elle exècre. Sujet de tous les regards depuis qu'elle a sauvé son établissement, elle grommelle "préférer encore être crainte et haïe" - à juste titre, puisque sa renommée lui vaut d'être épiée et harcelée par un admirateur menaçant.
Depuis peu, l'héroïne parvient à mieux maîtriser ses visions que l'année précédente - bien que du sang noir coule sur ses joues à chaque révélation. Dans l'une d'elles, lui apparaît la tombe de sa fidèle coloc - et meilleure amie autoproclamée - Enid (Emma Myers), entourée d'une nuée de corbacs (tiens, tiens). Mercredi enquête ainsi sur la série de meurtres causés par ces oiseaux de mauvais augure, en espérant sauver ainsi sa camarade lycanthrope. Une quête qui la mènera jusqu'à l'asile de Willow Hill, où est enfermé Tyler, son ancien prétendant qui se transformait en Hyde.
Des pastiches de films d'horreur
Hommage aux grands classiques de l'horreur, ces quatre premiers épisodes proposent des pastiches de films iconiques. Les spectateurs au regard affûté décèleront une référence à Vol au dessus d'un nid de coucou (1975) quand le drôlatique Oncle Fétide prétend être fou pour enquêter dans un asile psychiatrique.
L'absurde côtoie aussi l'horreur lors d'une citation de Shining aux allures de film érotique (oui, oui). Ou encore, un zombie à l'appétit dévorant à la croisée de Frankenstein (1931) et de La Nuit des morts-vivants (1968). Sans oublier les clins d'œil à la filmographie de Tim Burton lui-même - parce que pourquoi pas -, à commencer par L'Étrange Noël de monsieur Jack (1993).
Le réalisateur semble d'ailleurs avoir trouvé le juste équilibre entre comédie et horreur. Et joue - enfin - des codes de la teen serie sans nier son style ; on n'aurait pas pu demander mieux, tant ce cadre lui semblait corseté dans la décevante première saison. Portée par le jeu impeccable de Jenna Ortega, la suite de Mercredi s'annonce donc divertissante, avec plus d'action et plus d'horreur. Et de Nevermore, on en veut plus encore. Vivement le 3 septembre prochain pour découvrir la suite et fin de la saison 2.











