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L'acteur français Tchéky Karyo, connu pour ses rôles dans "l'Ours" et "Nikita" est mort à l'âge de 72 ans

BFM Ilyana Hamiti avec AFP
L'acteur français Tcheky Karyo pose pour une photo en marge de la 8e édition du Festival du cinéma et de la musique de film à La Baule, le 2 juillet 2022.

L'acteur français Tcheky Karyo pose pour une photo en marge de la 8e édition du Festival du cinéma et de la musique de film à La Baule, le 2 juillet 2022. - Loic VENANCE / AFP

La carrière de ce polyglotte maîtrisant le français, l'anglais, l'espagnol et l'arabe avait débuté dans le cinéma d'auteur français. Il est notamment connu pour ses rôles dans les films L'Ours de Jean-Jacques Annaud et Nikita de Luc Besson.

L'acteur français Tchéky Karyo est mort ce vendredi 31 octobre à l'âge de 72 ans. Il est notamment connu pour ses rôles dans les films L'Ours de Jean-Jacques Annaud et Nikita de Luc Besson.

"Valérie Keruzoré, son épouse, et leurs enfants ont la douleur de faire part de la disparition de Tchéky Karyo emporté par un cancer ce vendredi 31 octobre", indique un communiqué de sa famille.

Né à Istanbul en 1953, Tchéky Karyo s'était fait connaître du grand public à la fin des années 1980 en tenant le premier rôle dans L'Ours, grand succès en salles avec près de neuf millions d'entrées, où il campait un chasseur de plantigrades pris de remords.

Une carrière à l'international

Nommé au César en 1982 dans la catégorie du meilleur espoir masculin pour le film La Balance de Bob Swaim, Tchéky Karyo part aux États-Unis pour jouer dans Bad Boys de Michael Bay aux côtés Will Smith.

En 1990, le comédien au regard perçant et à la mâchoire carrée avait enchaîné avec un autre succès en jouant le rôle ambigu de l'agent recruteur de Nikita, redoutable tueuse à gage incarnée par Anne Parillaud devant la caméra de Luc Besson.

La carrière de ce polyglotte maîtrisant le français, l'anglais, l'espagnol et l'arabe avait débuté dans le cinéma d'auteur français, notamment en 1982 devant la caméra de Chantal Akerman pour Toute une nuit et devant celle d'Eric Rohmer en 1984 dans Les Nuits de la pleine lune.

Sa filmographie éclectique l'a fait côtoyer Jean-Pierre Jeunet dans Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001) et l'a porté vers des cinéastes étrangers, notamment le Brésilien Walter Salles (Terra Estrangeira, 1995) ou l'Américain Ridley Scott dans 1492: Christophe Colomb aux côtés de Gérard Depardieu.

Mais ce sont ses seconds rôles de méchants dans des films à succès - un ministre russe dans le James Bond GoldenEye (1995) ou un criminel dans Bad Boys (1995) avec Will Smith - qui ont fait sa renommée à l'international.

De "James Bond" à "Kaamelott"

Saluant "un artiste complet, un homme généreux et discret", la ministre de la Culture Rachida Dati a estimé dans un communiqué que Tchéky Karyo "appartenait à cette famille d'acteurs qui donnent au cinéma français sa force et sa diversité".

"Tchéky Karyo laisse le souvenir d'un comédien sur qui on peut compter derrière un sourire d'homme tranquille", a déclaré à l'AFP Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, évoquant sa "douceur dans la voix sous un physique de costaud mal rasé".

L'acteur était également connu du public anglo-saxon pour avoir joué un inspecteur enquêtant sur des disparitions dans des séries de la BBC, à partir de 2014.

"C'était un acteur vraiment brillant et très apprécié, et les téléspectateurs de la BBC se souviendront avec émotion de ses rôles dans The Missing, Baptiste et, plus récemment, Boat Story", a réagi Lindsay Salt, de BBC Drama, sur le site du groupe audiovisuel.

Sur le petit écran toujours, il était apparu dans plusieurs épisodes de Kaamelott d'Alexandre Astier, relecture humoristique de la quête du Graal et des chevaliers de la Table ronde, prêtant ses traits à un chef de guerre.

Luc Besson s'explique
Luc Besson s'explique
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Tchéky Karyo a également eu une longue carrière sur les planches et s'était notamment produit au Festival d'Avignon au début des années 1980.

"Ce métier m'a aidé à devenir un homme meilleur. L'art dramatique est un moyen d'aller sur un espace réservé et magique dans lequel on entre en compagnie d'autres personnes qui ont besoin aussi de cette pulsion et peut-être de prendre du recul par rapport à eux-mêmes", déclarait-il en 2017 dans les colonnes du journal Midi Libre.