"Avatar 3" et "Zootopie 2" sauvent-ils l'année difficile des salles de cinéma?
À l'approche de la fin de l'année 2025, le constat est sans appel pour les salles de cinéma françaises. Depuis plusieurs mois, les signaux d'alerte se multiplient avec une fréquentation en baisse. En juillet, le secteur a même enregistré son pire premier semestre depuis 28 ans, hors période Covid.
Selon les projections du Centre national du cinéma (CNC), égaler, ou même approcher, les résultats de 2024 n'est désormais plus envisageable. Les salles devront se contenter d'approcher les 160 millions d'entrées, soit environ 12% de moins qu'en 2024, qui comptabilisait près de 180 millions d'entrées. Une année, il faut le rappeler, exceptionnelle et riche en surprises.
Face à cette situation préoccupante - au point que le CNC a récemment déclenché une aide d'urgence à destination des petites et moyennes salles - une lueur d'espoir pourrait néanmoins surgir des studios Disney. Avec la sortie de Zootopie 2 et Avatar 3, deux blockbusters très attendus en cette fin d'année, le géant américain pourrait contribuer à atténuer un bilan 2025 jusque-là particulièrement morose pour les cinémas français.
Une fin d'année portée par deux mastodontes
Sorti en salles le 26 novembre dernier, Zootopie 2, désormais dans sa quatrième semaine d'exploitation, a en effet franchi le cap des 5 millions d’entrées en France ce mardi 22 décembre.
Ce deuxième opus, qui raconte comment un serpent nommé Gary tente de redorer l'image de sa famille avec l'aide de Judy Hopps et Nick Wilde, a également réalisé le meilleur démarrage de l'année 2025 pour un film d'animation en France.
Le second long-métrage de Disney, qui raconte comment un serpent nommé Gary tente de redorer l'image de sa famille auprès des autres animaux de Zootopie, aidé par Judy et Nick, s'est également offert le meilleur démarrage pour un film d'animation en France en 2025.
Autre sortie majeure de cette fin d'année, Avatar: De feu et de cendres rencontre également un grand succès au box-office français. Le troisième volet de la saga de James Cameron a signé le meilleur démarrage de l'année, avec 273.370 entrées en une journée lors de sa sortie le 17 décembre.
En l'espace de cinq jours d'exploitation, Avatar: De feu et de cendres a déjà attiré près de 1,8 million de spectateurs dans l'Hexagone. Des chiffres qui permettent aux cinémas français de retrouver un souffle bienvenu, et qui devraient encore s'amplifier avec l'afflux de spectateurs attendu pendant les vacances de Noël.
Des franchises en perte de vitesse et un cinéma français sans locomotive
À l'exception de Lilo & Stitch, plus gros succès de l'année en France à ce jour, avec 5,1 millions d'entrées, d'autres grandes franchises hollywoodiennes, dont le succès en salles était pourtant attendu, n'ont toutefois pas tenu leurs promesses.
Malgré des scores d'entrées satisfaisants, plusieurs longs-métrages tels que Jurassic World: Renaissance, Mission: Impossible - The Final Reckoning, Captain America: Brave New World ou encore Superman ont tous fait moins bien que leurs prédécesseurs.
Quelques sorties ont néanmoins réussi à tirer leur épingle du jeu cette année comme F1 de Joseph Kosinski, porté par Brad Pitt, qui a séduit plus de 3,37 millions de spectateurs, Minecraft, le film (2,71 millions d'entrées) ou la version live-action du film Dreamworks Dragons (2,58 millions d'entrées).
L’adaptation à l'écran du manga Demon Slayer a également trouvé son public avec 1,3 million d'entrées, tout comme l'ultime volet de la saga The Conjuring et le film d'animation Paddington au Pérou qui ont respectivement réuni 2,36 millions et 1,8 millions de spectateurs.
Côté français, en revanche, l'absence de véritable locomotive populaire se fait cruellement sentir. Quand en 2024, des films comme Un p'tit truc en plus, Le Comte de Monte-Cristo et L'Amour ouf avaient dopé la fréquentation des salles avec respectivement 11 millions, 9 millions et 5 millions de spectateurs, en 2025, le top 3 du box-office tricolore apparaît bien plus modeste: God Save The Tuche (3 millions d'entrées), Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan (1,5 million) et Un ours dans le Jura (1,4 million). Des chiffres en net recul, qui illustrent bien la fragilité actuelle du cinéma français.
"Le gros du public n'a pas disparu"
Malgré tout, les exploitants français restent optimistes. Dans les colonnes de Télérama, Jean-Baptiste Fortier, manager au pôle cinéma de Comscore, organisme chargé de comptabiliser et d'analyser les entrées des salles françaises, assure qu'il "n'y a pas de crise structurelle de la fréquentation", mais plutôt un problème d'offre.
"Les salles commerciales ont perdu en moyenne 20 % de spectateurs cette année mais, pour la plupart d'entre elles, ces 20 % manquants correspondent justement aux entrées qu'elles avaient réalisées avec 'Un p'tit truc en plus' et 'Le Comte de Monte-Cristo'", affirme le spécialiste.
"Les locomotives du box-office parviennent traditionnellement à mobiliser des spectateurs qui se déplacent rarement et qui, cette année, ne sont pas venus. Mais le gros du public n'a pas disparu", poursuit-il.
Mieux encore, selon Jean-Baptiste Fortier, cette année 2025 s'est même révélée bénéfique pour les salles d'art et d'essai "dont la fréquentation n'a baissé que de 10 % et souvent moins, certaines d'entre elles réalisant même plus d'entrées qu'en 2024". Un constat partagé par le distributeur Pyramide, dont le film Sirat d'Oliver Laxe a passé la barre des 700.000 entrées.
"Même si tout ne va pas bien, on est forcé de se dire qu'il peut encore se passer des choses formidables quand on voit le succès qu'ont eu en 2024 'Vingt Dieux', 'L'Histoire de Souleymane', 'Flow', 'Les Graines du figuier sauvage' ou encore 'En fanfare'", abonde-t-il auprès de Télérama.
"Et on voit que ça continue cette année avec 'Dossier 137' (déjà plus de 550.000 entrées), 'La Petite Dernière' (qui a dépassé les 400.000) ou 'L'Étranger' (près de 750.000)", poursuit le spécialiste.
Reste désormais à savoir si l'année 2026 verra le retour des spectateurs dans les salles. Plusieurs grosses sorties (Hurlevent, Disclosure Day de Steven Spielberg, L'Odyssée, de Christopher Nolan, ou encore Michael, le biopic sur Michael Jackson), retours de franchises majeures (Dune: Troisième partie, The Mandalorian and Grogu, Toy Story 5, Spider-Man Brand New Day, Avengers: Doomsday) et projets français à fort potentiel populaire (Marsupilami, LOL 2.0, La Bataille De Gaulle dont les deux volets seront diffusés à l'été 2026), sont attendus et pourraient peut-être offrir aux salles tricolores les locomotives qui leur ont tant manqué cette année.











