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Verbalisée pour une plante trop grande: ces infractions méconnues dans le métro parisien

BFM Mathias Fleury
L'entrée d'un métro parisien.

L'entrée d'un métro parisien. - BFM Paris Île-de-France

Alors que de nombreux usagers se plaignent régulièrement d'amendes injustes reçues au sein du métro parisien, la RATP a remis à jour sa liste d'infractions sur son site ce mardi 6 mai. Certaines d'entre elles sont mal connues du grand public, ou dépendent de l'interprétation des agents.

La mésaventure de Salomé, journaliste Tech&Co, sanctionnée d'une amende de 150 euros pour avoir transporté une plante dans une station de métro ce dimanche 4 mai, a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux.

Cet évènement démontre également que certaines règles du métro parisien, peu évidentes, sont inconnues du grand public. Leur application dépend parfois de la sévérité des agents de la RATP. BFMTV.com fait le point sur ces infractions, qui peuvent parfois coûter très cher.

• Transport d'objet: une question de dimension

Ce dimanche, Salomé a reçu une amende de 150 euros lorsqu'elle a voulu emprunter le métro pour ramener sa plante chez elle. Un montant supérieur à une verbalisation pour la violation de l'interdiction de fumer, établie à 135 euros.

D'après l'agente qui lui a adressé son PV, la taille de la plante faisait d'elle un "encombrant". Sur X, la RATP a pris la défense de son employée, estimant que "le transport d’un objet considéré comme incommodant demeure bel et bien un motif légitime d’infraction".

Pour définir l'aspect "incommodant" d'un objet, le groupe a établi des dimensions maximales: "les valises ou paquets divers doivent avoir une dimension maximale inférieure à 75 cm. Les paquets longs de deux mètres au plus, mais ne mesurant pas plus de 20 cm dans leurs autres dimensions, sont autorisés à condition que vous les teniez verticalement".

Des affiches dans le métro évoquent de leur côté l'interdiction des "objets dangereux ou volumineux". Mais celles-ci précisent aussi que "les paquets, sacs ou bagages que vous pouvez porter, dès lors que vous ne gênez pas les autres voyageurs" sont autorisés.

Le manque de connaissance de cette infraction a visiblement poussé la RATP à communiquer sur son règlement, puisque la page repertoriant les règles de transports d'objets dans le métro a été publiée... ce mardi 6 mai.

• "Titre illisible": une mauvaise photo, c'est 50 euros

Quelques jours auparavant, le 29 avril dernier, un autre utilisateur du réseau social X, lui aussi journaliste, évoquait l'amende de 50 euros reçue par son frère à la station Châtelet.

Celui-ci a été sanctionné pour le motif "titre de transport illisible", car l'agent de la RATP estimait qu'il n'était pas assez reconnaissable sur la photo présente sur son pass Navigo. Une sanction qui dépend donc de l'interprétation des contrôleurs.

"Le nouveau créneau de la RATP, c'est de racketter les âmes charitables qui l'engraissent", déplore Boris Daube sur X. Il assure que son frère est un "fidèle abonné depuis son arrivée à Paris" et qu'il n'a jamais réalisé la moindre "tentative de fraude".

• Animaux: dans un panier ou muselés et tenus en laisse

Si les animaux de compagnie sont acceptés dans les transports en commun parisien, leur transport s'accompagne de règles strictes. Que ce soit dans les bus, tramways ou métros, les animaux de petite taille sont acceptés à bord, à condition d'être dans un panier ou un sac prévu à cet effet.

"Les animaux de plus grande taille sont acceptés uniquement dans l'enceinte du 'métro' ou 'réseau ferré' à condition d'être muselés et tenus en laisse", précise la RATP sur son site.

La seule exception concerne les chiens-guides d'aveugles ou d'assistance. Toutefois, "sur demande de l’agent RATP, l’accompagnant d’un chien guide  d’aveugles ou d’assistance doit être en mesure de présenter selon les  situations une carte d’invalidité, de priorité, d’éducateur, de 'Famille  d’accueil' ou le certificat d’identification du chien", précise la RATP.

Aucune précision n'est faite sur les races d'animaux de compagnie autorisées et interdites. Au mois de février, la SNCF avait cependant interdit à une touriste polonaise de prendre le métro avec son mouton.

En cas de non de respect de ces règles, le contrevenant risque jusqu'à 150 euros d'amende... Soit le même montant qu'une verbalisation pour une "arme à feu chargée dans une voiture".

• "Sens interdit" piéton: 25 euros

Début mars, toujours sur le réseau social X, une usagère a elle aussi évoqué le motif surprenant de l'amende qu'elle a reçu sur la ligne 14, à la station Gare de Lyon: "emprunt d'un sens interdit".

L'usagère a du s'acquiter de la somme de 25 euros après avoir pris un escalier, passé en sens unique "une semaine" auparavant d'après elle, dans le mauvais sens. "Une verbalisation honteuse" selon elle.

Cette infraction est pourtant très ancienne, puisqu'elle date de 1968. L'amende a été abaissée de 60 à 25 euros au cours de l'année 2018.

• Le manque de civisme peut coûter cher

La RATP lutte contre les incivilités dans le métro en sanctionnant les comportements irrespectueux dans ses stations et ses rames. Ainsi, une personne en état d'ivresse manifeste peut être visé par une amende de 150 euros.

Un PV du même montant peut être adressé à un usager ayant craché ou uriné dans les locaux de la RATP. Les infractions de "trouble de la tranquillité" ou de "souillure" (pieds sur les sièges, salissure du matériel...) sont quant à elles sanctionnées d'une amende de 60 euros. Celle-ci passe à 150 euros si le matériel a été détérioré.

Au mois de mars, la compagnie a lancé la campagne "Dans la vraie vie, ça ne plaît pas à tout le monde" afin de lutter contre les inciviltés. "Sept bons gestes à adopter" ont été mis en avant par la RATP: désactiver le haut-parleur, retirer son sac à dos, laisser descendre avant de monter, laisser sa place aux personnes prioritaires, plier sa trottinette, laisser les espaces propres et limiter le volume sonore.

• Empêcher la fermeture et l'ouverture des portes

Parfois, mieux vaut attendre la rame suivante plutôt que se précipiter sur celle à quai: se glisser entre deux portes en train de se fermer lors du signal sonore peut être considéré comme un "obstacle au fonctionnement d'équipement" ou comme un "obstacle à la fermeture/ouverture des portes".

Des infractions sanctionnées d'une amende de 150 euros. Un montant identique peut être appliqué aux voyageurs qui se ruent dans la rame lors de l'ouverture des portes, sans laisser les voyageurs descendre. Le motif de l'infraction est ainsi "entrave à la montée ou à la descente".

• Distribuer des tracts, rester dans la rame au terminus...

Attention à ne pas vous endormir trop longtemps: le "maintien dans un véhicule au terminus" fait partie des infractions peu évidentes qui peuvent valoir cher. Si un chauffeur signale à un contrôleur que vous restez au sein d'un métro arrivé à son terminus, ce dernier pourra appliquer une amende forfaitaire de 150 euros.

Se pencher hors d'une rame en marche, détériorer une publicité ou diffuser des tracts en station ou dans les trains coûte le même prix. Idem pour la "mendicité" ou la "quête", rarement sanctionnées dans les faits.

D'autres motifs d'amendes sont quant à eux très peu appliqués, à l'image des "prises de vues/films" dans les locaux de la RATP. En principe, cette infraction est elle aussi sanctionnée d'une amende de 150 euros.

L'ensemble des infractions et des montants des amendes sont accessibles sur le site de la RATP.