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Seine-Saint-Denis: ce que l'on sait du professeur accusé de chants faisant l'apologie du jihad

BFM Mélanie Vecchio avec Manon Aublanc
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Selon nos informations, il lui est reproché d’avoir traduit en français et chanté des chants religieux faisant l’apologie du jihad. Il a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste.

Un professeur des écoles de Seine-Saint-Denis a été mis en examen vendredi 16 février par le parquet national antiterroriste (Pnat) pour association de malfaiteurs terroriste, a appris BFMTV de sources concordantes lundi 26 février, confirmant une information du Parisien.

Cet homme de 26 ans est soupçonné d'avoir traduit en français et chanté des chants religieux faisant l’apologie du jihad, ainsi que de les avoir transmis à des cadres de Daesh. Il a été placé en détention provisoire.

• Que reproche-t-on à ce professeur?

Selo nos informations, l'enseignant est soupçonné d'avoir traduit en français, chanté et monté au moins cinq anasheeds, des chants religieux faisant l’apologie du jihad, utilisés par Daesh dans ses vidéos de propagande.

D'après les premiers éléments de l'enquête, le professeur est suspecté d'avoir transmis ces chants à des cadres de Daesh pour qu’ils soient diffusés. Le Pnat estime que l'homme adhère manifestement à l’idéologie islamique. Le professeur des écoles, lui, conteste toute adhésion à l'État islamique.

Mais lors de la perquisition de son domicile, les enquêteurs ont trouvé des supports numériques appartenant à l'enseignant, attestant de son adhésion à cette organisation. Ils se sont également intéressés à son activité sur les réseaux sociaux, a appris BFMTV.  

• Que sait-on de cet homme?

Cet homme de 26 ans, un Franco-algérien né en 1997, est professeur des écoles pour les classes de CP. Marié civilement, il est tout jeune père de famille. Selon l'un des membres de son entourage, il est "attachant" et "complètement intégré". Il sort, va au cinéma et a des amis.

Le professeur, qui a fait des études, est diplômé d'un bac+5. Il a un casier judiciaire vierge. Selon ce même membre, qui le décrit auprès de BFMTV comme très attaché à son métier de professeur, il allait peu à la mosquée et ne prônait pas du tout un islam radical. Il s'intéresserait davantage à la religion par curiosité, nous confie son entourage.

En garde à vue, il a nié toute adhésion à l'idéologie islamique. L'homme s'est dit attaché aux valeurs de la République, affirmant par exemple qu'il avait fait respecter la minute de silence en mémoire à Samuel Paty à ses élèves, selon des sources concordantes confirmant une information du Parisien.

• Comment se déroulent les investigations?

À la suite de l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet national antiterroriste, le professeur des écoles a été mis en examen le 16 février pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes". Il a été placé en détention provisoire.

L'enquête va se poursuivre. Elle a été confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle et la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).  

Du côté de l'Éducation nationale, on confirme qu'une procédure est en cours. Tous les agents publics en relation avec des mineurs font l'objet d'un contrôle du casier judiciaire, a expliqué le ministère à BFMTV, affirmant qu'au moindre signal faible, un suivi au titre de la radicalisation est déclenché.

Si des propos sont incompatibles avec la fonction, une mesure de suspension conservatoire et une procédure disciplinaire sont enclenchées, ajoute le ministère de l'Éducation nationale.