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Crack: la préfecture renonce au déplacement des toxicomanes dans le 12e et charge la mairie de Paris

BFM Carole Blanchard , Cheffe de service BFM Régions
Le terrain mis à disposition par la SNCF pour installer les toxicomanes dans le 12e arrondissement.

Le terrain mis à disposition par la SNCF pour installer les toxicomanes dans le 12e arrondissement. - BFM Paris

La préfecture estime que l'opposition de la mairie de Paris empêche de réaliser l'évacuation des toxicomanes dans le 12e, comme le préfecture le préconisait.

Face à l'opposition de la mairie de Paris, la préfecture fait marche arrière. La préfecture de police avait annoncé en début de semaine un projet de déplacement des consommateurs de crack du 19e vers un terrain du 12e arrondissement, une idée qui a immédiatement soulevé l'opposition de la mairie de Paris.

"Le préfet de police prend acte de la virulente opposition de la maire de Paris à tout projet de déplacement des usagers du crack hors de la place Baron, allant jusqu'à envisager des recours juridictionnels contre lui", indique la préfecture de police dans un communiqué.

"Dans ces conditions", la préfecture de police renonce à l'évacuation vers le site du 12e arrondissement "ou vers tout autre site, la mairie ayant refusé de faire la moindre proposition".

La colère d'Anne Hidalgo

Jeudi sur RMC-BFMTV, Anne Hidalgo avait pris la parole annonçant son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme sur ce dossier.

La maire de Paris, également candidate à l'élection présidentielle a par ailleurs accusé la préfecture et le ministère de l'Intérieur de "déplacer le problème" et de ne pas apporter de solutions pérennes sur la question du crack.

"Ils n'assument pas la responsabilité qui est la leur, ni sur la sécurité ni sur la réduction des risques. Ils ont essayé d'instrumentaliser le dossier contre moi, de me rendre responsable de cette situation. Ils se retrouvent avec tout le monde contre eux aujourd'hui parce que personne n'accepte cette façon indigne", a martelé la maire de Paris, également candidate à l'élection présidentielle.

Outre la mairie de Paris, le maire LR de Charenton a aussi marqué son opposition au déplacement des toxicomanes dans le 12e, arrondissement voisin de sa ville.

Les habitants "doivent désormais s'attendre à une occupation longue"

Pour le préfet de police Didier Lallement, la mairie de Paris porte la responsabilité de cet abandon, qui va avoir des conséquences sur les habitants du nord-est parisien.

Selon la préfecture, les habitants du 19e arrondissement, de Pantin et d'Aubervilliers "doivent désormais s'attendre à une occupation longue de l'espace public du square car c'est une illusion d'essayer de leur faire croire que des solutions rapides et simples sont possibles pour permettre à ces personnes de se soigner et de se réinsérer".

Face à cette mise en garde, Stéphanie Benoist, habitante d'Aubervilliers et présidente de l'association "Village 4 chemins" ne cache pas sa "déception" ni sa "colère". "On a l'impression qu'on joue et pour reprendre les termes de Madame Hidalgo qu'on instrumentalise cette fois les riverains", réagit sur BFMTV cette habitante, à la lecture du communiqué de la préfecture de police.

"C'est un éternel recommencement, une bataille sans fin", déplore-t-elle, évoquant le bras de fer auquel se livrent mairie de Paris et préfecture depuis de nombreux mois sur ce dossier. Les habitants réfléchissent à de nouvelles mobilisations, indique-t-elle encore.