Casse de Milleis à Paris: six ans de prison requis contre le directeur accusé d'avoir braqué sa banque

Le tribunal correctionnel de Paris, le 19 janvier 2011. - Loic VENANCE © 2019 AFP
Ce jeudi 24 octobre, la procureure a requis six ans de prison à l'encontre de Kamal J., jugé avec trois complices présumés, pour le braquage de l'agence bancaire qu'il dirigeait près des Champs-Élysées, à Paris, en 2019. Kamal J. est jugé depuis mardi pour vol en réunion, séquestration, association de malfaiteurs et blanchiment.
"Le vol n'est possible que par la participation pleine et entière" du directeur, estime la procureure, Lesly Galdin, qui demande également 50.000 euros d'amende et une interdiction d'exercer une profession commerciale ou industrielle pendant dix ans.
Le 22 janvier 2019, quatre hommes avaient braqué l'agence bancaire Milleis située tout près des Champs-Élysées, ligoté le guichetier, et obligé le directeur à ouvrir la chambre forte. 65 coffres avaient été forcés et vidés.
Le directeur n'avait pas déclenché l'alarme, ce qui avait intrigué les enquêteurs. Dès son interpellation en juin 2021, Kamal J. avait admis avoir orchestré le braquage, mais prétendait y avoir été contraint par les autres prévenus. Liste des coffres occupés, plans des lieux, le directeur avait fourni tous les détails pour s'assurer du "déroulé idéal" du braquage, selon la procureure.
Des peines lourdes requises contre les "têtes pensantes"
Les peines les plus lourdes ont été requises envers Alexandre A. et Hicham E., les "têtes pensantes" du braquage.
15 ans de prison et 100.000 euros d'amende ont été requis contre Alexandre A. dit "Musclor". Du duo, il est le seul à écouter les réquisitions, la tête baissée, dans le box des prévenus.
Car Hicham E., en fuite, n'est pas présent à l'audience. Il est pourtant "le maillon indispensable à la commission des faits" pour la procureure, qui a requis neuf ans de prison et 100.000 euros d'amende.
Interpellé la veille du braquage, il ne se trouvait pas dans la banque le jour des faits, mais c'est lui qui a mis en relation tous les protagonistes de l'affaire. Une question demeure: où est passé le butin?
"Préjudice inestimable"
Veuve d'un haut dignitaire algérien, descendant d'un illustre écrivain français... les profils des parties civiles présentes lors de ces trois jours d'audience donnent une idée de ce "préjudice inestimable", selon les mots de la procureure.
"On n'aura jamais la liste précise des éléments présents dans ces coffres", poursuit-elle. 20 titulaires des coffres n'ont pas donné d'estimation de leur contenu. Diamants, bijoux de famille, la plupart des effets dérobés n'ont pas été retrouvés.
Un an de prison a été requis contre le quatrième prévenu, accusé d'avoir aidé Alexandre A. à obtenir un faux passeport.
Le dernier suspect, Abd el Basset Z., 60 ans, sera jugé séparément pour raisons de santé. Le tribunal a renvoyé son procès au 10 janvier 2025.











