Après sa fusion avec Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis devient la deuxième ville de la région

Saint-Denis (photo d'illustration) - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
La commune nouvelle de Saint-Denis, née de la fusion de la ville de Saint-Denis avec sa voisine Pierrefitte-sur-Seine, votée au printemps dernier, est entrée officiellement en vigueur ce mercredi 1er janvier, créant ainsi la deuxième commune la plus importante de la région Île-de-France, derrière Paris.
Elle compte désormais officiellement 149.781 habitants, selon les services de la mairie, ce qui lui permet de justesse d'obtenir une dotation réservée aux communes fusionnées totalisant moins de 150.000 habitants.
Une meilleure dotation
La nouvelle collectivité recevra ainsi 15 euros par habitant pendant trois ans, soit un total d'environ 6,74 millions d'euros. Pour marquer cette fusion, maires et élus de la majorité socialiste ont prévu mercredi un coupage de ruban symbolique, à un carrefour où se font encore face les deux panneaux affichant d'un côté Saint-Denis et de l'autre Pierrefitte-sur-Seine.
Les édiles de ces villes de la Seine-Saint-Denis, Mathieu Hanotin (Saint-Denis) et Michel Fourcade (Pierrefitte-sur-Seine), avaient surpris, jusqu'à des élus non informés, avec leur décision de fusion annoncée en avril 2023. Cette mesure ne figurait pas dans leur programme lors des élections municipales de 2020.
Les deux maires socialistes avaient notamment mis en avant qu'en devenant la deuxième commune d'Ile-de-France, derrière Paris et devant Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), la ville nouvelle pèserait plus au niveau national pour plusieurs arbitrages, notamment financiers.
Une manoeuvre purement politique
Pour l'opposition, le projet de fusion est une manoeuvre purement politique pour acquérir "un réservoir de voix" socialistes en vue des prochaines élections municipales de mars 2026. Une association, Stop Fusion Pierrefitte Saint-Denis, avait vu le jour et tenté d'y mettre fin, sans succès. Ce processus est permis par une loi de 2010 enrichie par d'autres textes.
Sont surtout visés les villages et petites communes rurales dans un pays qui a longtemps compté plus de 36.000 communes, avec le risque d'en voir certaines sans gouvernance faute de candidats aux élections, et au prix parfois d'un piètre service public. La fusion est votée en conseil municipal sans consultation obligatoire de la population, puis validée en préfecture qui vérifie le respect de la procédure.
Le 31 mai 2024, lors de conseils municipaux simultanés, le projet de la commune nouvelle de Saint-Denis avait été voté sans difficulté: 45 voix pour sur 55 à Saint-Denis et 26 pour sur 36 à Pierrefitte. Le 4 janvier, le conseil municipal d'installation se tiendra à l'hôtel de ville de Saint-Denis, rassemblant les 94 conseillers municipaux.
S'ouvre désormais une période transitoire jusqu'aux prochaines élections municipales, à l'issue desquelles le nombre d'élus sera sensiblement diminué - possiblement autour de 60. D'ici là, Mathieu Hanotin est le maire de la commune nouvelle de Saint-Denis et Michel Fourcade son premier adjoint, tout en restant maire de la commune déléguée de Pierrefitte-sur-Seine.











