Affaire Jeanneté: Hidalgo demande à Dati les mesures qu'elle "entend prendre" contre l'élu, le groupe "Changer Paris" répond

La candidate PS à l'élection présidentielle Anne Hidalgo à Paris le 15 mars 2022. - THOMAS COEX © 2019 AFP
Nouvelle passe d'armes entre Anne Hidalgo et Rachida Dati. Récemment opposées sur la gestion des déchets accumulés dans Paris en raison de la grève des éboueurs, la maire de Paris confronte désormais la présidente du groupe Changer Paris sur les suites de l'affaire Nicolas Jeanneté.
Le conseiller de Paris, membre du groupe Changer Paris jusqu'à la révélation de l'affaire, a été mis en examen pour trafic de stupéfiants et consultation d'images pédopornographiques, et la maire de Paris demande à connaître les mesures que compte prendre le groupe duquel il est issu.
"Je vous remercie de bien vouloir me faire part des mesures que votre groupe entend prendre à l'endroit de monsieur Jeanneté à la suite de ces révélations", écrit Anne Hidalgo dans une lettre adressée hier à Rachida Dati, présidente du groupe "Changer Paris".
Des mesures immédiates
De son côté, le groupe Changer Paris se montre agacé par la sortie de la maire et assure avoir fait tout ce qui était en son pouvoir concernant Nicolas Jeanneté.
"Rachida Dati a pris des mesures immédiatement le soir même de la publication de l'article avec les révélations sur Nicolas Jeanneté", s'insurge la conseillère de Paris Nelly Garnier auprès de BFM Paris-Ile-de-France.
"Elle a fait connaître son souhait qu'il démission de ses mandats électifs. Mais on ne peut pas le forcer", regrette-t-elle.
"Il n'y a eu aucun débat au sein de Changer Paris contrairement à d'autres cas qui ont pu concerner la majorité municipale. L'engagement personnel de Rachida Dati fait que l'on a toujours combattu l'instrumentalisation politique de ce genre d'affaire. Ça montre du camp Hidalgo, une incompréhension des attentes des Parisiens", réplique Nelly Garnier.
Même constat du côté de la mairie du 15e arrondissement qui soutient avoir demandé la démission de l'élu.
"Nous lui avons retiré sa délégation à la sécurité, et nous lui demandons, à l'unanimité et en responsabilité, de renoncer immédiatement à ses mandats et de démissionner", déclarait mardi Philippe Goujon, maire du 15e, sur Twitter.
Suspendu du groupe
Le 20 mars dernier, dès les premières accusations de trafic de stupéfiants révélées par nos confrères du Parisien à l'encontre de Nicolas Jeanneté, le groupe Changer Paris avait annoncé la suspension "immédiate" à titre conservatoire de l'élu au sein du groupe.
Rachida Dati a publié le lendemain un communiqué dans lequel elle s'exprime sur l'affaire. "Les révélations concernant l'élu centriste du 15, Nicolas Jeanneté, si elles sont vraies, correspondent à tout ce contre quoi je me suis toujours battue. Je suis résolument du côté des victimes. Ces révélations atroces renforcent ma détermination à poursuivre le combat", a-t-elle écrit.
"Prendre ses responsabilités"
La maire de Paris, si elle dit respecter le principe de présomption d'innocence, a déclaré qu'il "n'en demeure pas moins que les qualifications pénales retenues (...) sont très graves et nuisent à l'image de notre assemblée délibérante et à l'honneur de Paris."
Le sénateur socialiste parisien Rémy Féraud partage l'opinion d'Anne Hidalgo. "Rachida Dati ne peut pas se contenter d'exclure son "monsieur sécurité" du groupe qu'elle préside", écrivait-il mardi sur Twitter. "Elle doit prendre ses responsabilités et demander sa démission du Conseil de Paris."
Mardi, l'avocat de Nicolas Jeanneté a annoncé dans un communiqué la décision de l'élu de se retirer du groupe Changer Paris pour siéger "pour le moment" comme non-inscrit au Conseil de Paris et à la mairie du 15e arrondissement, mais aucune intention de sa part de démissionner de ses fonctions.











