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Un Caennais distribue des sifflets "repousse relou" contre le harcèlement de rue

BFM Normandie Robin Bernaud, avec Juliette Moreau Alvarez
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Quentin, Caennais travaillant dans l'impression 3D, crée seul et distribue gratuitement des sifflets anti-agressions dans les rues de la ville. Il les a nommés les sifflets "repousse relou".

lls sont petits et discrets mais provoquent un sifflement fort et strident qui peut sauver des vies. Dans les rues de la ville, Quentin distribue à qui veut des dizaines de sifflets d'alertes afin d'éviter les agressions sur la voie publique, notamment le soir. "Un très bon concept", estime une Caennaise. "Une super initiative", insiste un autre.

Un petit objet qui paraît anodin, mais qui a déjà sa place dans les poches de plusieurs jeunes, notamment les femmes. "J'ai 18 ans. Quand je rentre seule le soir, j'ai très peur", confie l'une d'entre elles à BFMTV. "J'ai déjà eu beaucoup de personnes qui me regardent mal, qui me parlent mal etc. Donc ça me fait vraiment plaisir d'avoir ça, en plus gratuitement."

"En plus ça s'entend que c'est un sifflet d'urgence, que ce n'est pas juste un sifflement comme ça ou un cri. C'est vraiment quelque chose de spécifique."

En effet dans les rues de la ville normande, le bruit de ce sifflet retentit avec force, encore plus en pleine nuit où le calme n'est pas toujours rassurant pour les personnes seules.

Après avoir testé le sifflet, les personnes sont souvent surprises de son efficacité. "Wow", lance étonnée une jeune femme. "Avec le bruit, ça va en faire fuir quelques-uns."

Quentin en donne également aux commerçants, notamment les patrons de bars et de restaurants qui sont ouverts jusqu'à tard dans la nuit. Certaines personnes en prennent plusieurs, pour leurs proches, leurs amies, leurs filles. Rapidement, sa boîte de sifflets se vide au cours de la nuit.

"Un électrochoc chez l'agresseur"

C'est seul chez lui que Quentin a conçu et produit ces petits sifflets semblables à des sifflets anti-vols. L'objet est en plastique, imprimé en 3D en plusieurs couleurs et avec la notion "Repousse relou" inscrite dessus. Très plat, il se glisse facilement dans des petites poches.

Le sifflet a deux entrées, ce qu'il fait qu'il arrive à produire deux sons très proches. "Ça fait un électrochoc chez l'agresseur et ça permet d'alerter."

Dans la vie de tous les jours, le Caennais travaille pour des dentistes et des laboratoires. "Je suis très proche du milieu de l'impression 3D", explique-t-il. C'est en tentant de créer seul chez lui des objets en 3D qu'il se rend finalement compte de la possibilité de créer quelque chose "d'utilité publique".

Aujourd'hui, Quentin met deux semaines, en continu, à imprimer 400 sifflets. Il se balade ensuite dans les rues pour les distribuer. "L'objectif, c'est quand je sors le soir, j'essaye d'en donner aux gens que je croise, typiquement que je ne croiserai pas au quotidien."

"À titre personne, c'est super gratifiant", avoue le jeune homme. "J'ai vraiment l'impression que je peux aider à un combat, celui de l'insécurité, celui de la place de la femme."

"Mais à titre plus global, c'est terrifiant", ajoute Quentin. "Parce que je me rends compte qui ne se sentent pas en sécurité, énormément de femmes qui subissent le harcèlement. Et ça ce n'est pas normal."

D'après les chiffres du ministère de l'Intérieur, près de 3.400 infractions pour outrage sexiste et sexuel ont été enregistrées en 2023 en France. Une hausse de 19% en un an.