Marseille: un immeuble s'effondre, au moins huit disparus et cinq blessés

Un immeuble d'habitation de trois étages s'est effondré dans la nuit de samedi à dimanche dans le centre de Marseille, au 17 rue de Tivoli. Huit personnes sont portées disparues après ce drame, a indiqué dimanche soir Dominique Laurens, la procureure de la République de Marseille.
"Il s'agit de personnes d'un certain âge et d'un jeune couple d'une trentaine d'années. Selon les infos transmises, il n'y pas d'enfants ou de mineurs", a précisé la procureure.
"Il y a de fortes suspicions qu'une explosion ait provoqué l'effondrement, mais il faut rester très prudent sur les causes à ce stade", a indiqué le préfet de la région des Bouches-du-Rhône, Christophe Mirmand. "Le gaz fait partie bien évidemment des pistes" pouvant expliquer la déflagration "d'une extrême violence", que les caméras de surveillance ont filmée à 0H46, a cependant estimé Dominique Laurens au cours d'une conférence de presse.
Une "énorme explosion"
"C'était énorme comme explosion", a affirmé Gilles, un homme qui a préféré taire son nom de famille, mais qui habite dans une rue perpendiculaire à celle de l'immeuble effondré.
Depuis 24 heures, une centaine de pompiers mènent une course contre la montre pour tenter de sauver des rescapés. Ils ont cependant été freinés depuis le début par un incendie sous les décombres. Beaucoup de fumée était encore visible dimanche soir à côté d'un amas de gravats.
L'intervention des chiens de secours était compliquée par ces conditions et ils n'avaient pas encore "marqué" en fin de soirée la présence d'éventuelles victimes, selon les pompiers.
Cinq personnes en urgence relative
Dans les deux immeubles endommagés après l'effondrement du numéro 17, "onze personnes ont été évacuées", selon les autorités.
D'autres immeubles de la rue ont été évacués par mesure de sécurité durant la nuit du long week-end de Pâques et leurs résidents accueillis dans une école en urgence, a indiqué le préfet de région Christophe Mirmand. Au total, 33 immeubles ont été évacués à titre préventif et 199 personnes ont dû quitter leur logement, 50 d'entre elles ayant demandé un relogement d'urgence.
Une enquête est ouverte pour déterminer les causes du sinistre. En novembre 2018, l'effondrement rue d'Aubagne de deux immeubles dans un autre quartier du centre de Marseille, Noailles, avait fait huit morts et suscité une vague d'indignation contre le mal-logement dans cette ville où 40.000 personnes vivent dans des taudis, selon des ONG.
Mais autant le maire que le préfet ont écarté une insalubrité de l'immeuble dans un quartier plutôt connu pour ses restaurants, bars et son ambiance nocturne. "Il n'y avait pas d'arrêté de péril pour ce bâtiment et ce n'est pas un quartier recensé comme ayant de l'habitat insalubre", a indiqué le préfet.













