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"Ça peut nous arriver demain": un an après la mort de Socayna, la cité Saint-Thys reste traumatisée par le drame

BFM Marseille Julie Rampal avec Emilie Roussey
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La jeune femme de 24 ans a été tuée par un tir de kalachnikov ayant traversé le mur de sa chambre. Quelques mois plus tard, un suspect de 16 ans a été mis en examen du chef d'assassinat.

Alexis s'en souvient comme si c'était hier. Il y a un an jour pour jour, le 10 septembre 2023, celui qui vit dans un bâtiment de la cité Saint-Thys dans le 10e arrondissement de Marseille se trouvait dans la chambre de sa voisine, Socayna, une étudiante de 24 ans, quand une balle de kalachnikov a traversé le mur et tué la jeune femme. Depuis, la famille de la victime a déménagé.

"Ne plus voir la famille tous les jours, de parler avec eux tout ça, c'est assez bizarre comme événement, mais on fait avec", témoigne le jeune homme au micro de BFM Marseille Provence.

Comme lui, les habitants du quartier ont été marqués par ce drame. "Dès que j'entends un pétard ou autre, je ne me mets plus à la fenêtre alors qu'avant je m'y mettais", confie Pierrette Cuetto, une habitante de la cité.

"Ça peut nous arriver à nous demain"

Certains pensent aussi à changer de quartier, comme cette patissière: "Je me dis que si ça arrive à une personne comme ça, ça peut nous arriver à nous demain. Je pense à changer d'atelier", partage Mokhataria Bouchedda.

Elle n'est pas la seule à s'interroger sur la sécurité du quartier. "Je suis scandalisée de voir qu'il se passe des choses comme ça, comment ça se fait que ce jeune ait pu avoir une arme de poing, ça veut dire qu'on peut tuer n'importe quand n'importe où", regrette Nassira Bellaid, une autre habitante.

Une incompréhension partagée par la mère de la victime lors de son passage sur BFMTV le 18 juin dernier. "Des mineurs qui se retrouvent avec des kalachnikovs, qui rentrent dans les quartiers et rafalent à gauche, à droite. Je ne comprends pas (...) Avant, c'était entre eux, nous on n'a rien fait", avait déclaré Layla.

Le 12 février, un suspect âgé de 16 ans suspecté d'être l'auteur du tir a été interpellé puis mis en examen du chef d'assassinat. Le procureur de la République avait alors évoqué une "affaire de narchomicide" expliquant que le mis en cause et ses proches étaient "très largement impliqués dans le trafic de stupéfiants".