BFM Marseille

Fos-sur-Mer: un fuseau de moindre impact validé pour implanter la future ligne de haute tension

BFM Marseille Ariane Pollaert avec Emma Forton
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Après des concertations, le préfét a validé, ce vendredi, le fuseau de moindre impact pour implanter la future ligne de haute tension entre Fos-sur-Mer et la Jonquières-Saint-Vincent. Un projet qui a pour but de décarbonner la région, mais qui n'est pas encore assez respectueux de l'environnement pour de nombreuses associations.

Le tracé de la ligne à haute tension entre Fos-sur-Mer et la Jonquières-Saint-Vincent, dans les Bouches-du-Rhône, reste très attendu. Un fuseau de moindre impact a été validé, ce vendredi, par le préfet. Une zone resserrée, dessinée à l'issue des concertations, et dans laquelle le tracé final de la ligne doit être trouvé.

"Au cours de l'année 2023, on a identifié l'aire d'étude dans laquelle on allait travailler pour chercher où la ligne pouvait s'intégrer. 2024 est l'année où on a trouvé, au sein de cette aire d'étude, le fuseau de moindre impact, c'est-à-dire là où on considérait qu'il y avait certes des impacts mais peut-être moins qu'ailleurs", détaille Pascale Hénaff, directrice du projet Réseau Transport d'Electricité (RTE).

"L'année 2025 sera l'année où on trouvera le tracé d'à peu près 100 mètres de large sur lequel s'implantera la ligne et qui sera le tracé de la déclaration d'utilité publique. En 2026, sur ce tracé, on positionnera les pylônes et in fine, on devrait commencer les travaux en 2027", ajoute-t-elle.

"Nouvelle colonne vertébrale électrique"

Le projet est jugé essentiel par les autorités en vue de la décarbonation de la région et des sites industriels, notamment celui de Fos-sur-Mer. Les besoins en électricité vont, en effet, quasiement doubler en moins de 10 ans, ce qui rend les infrastructures actuelles insuffisantes.

"Dans un contexte de doublement de cette consommation à horizon 2030, on a besoin d'une nouvelle colonne vertébrale électrique de grande capacité pour répondre à ce besoin", affirme Christophe Berassen, directeur centre développement et ingénierie chez RTE.

Des conséquences environnementales

Pour autant, de nombreux collectifs dénoncent les conséquences environnementales qu'aurait la création de cette nouvelle ligne aérienne très haute tension, située au cœur du triangle d'or de la biodiversité à Fos-sur-mer. Cette ligne de 400.000 voltn de 65 kilomètresn avec des pylônes de 60 mètres de hauteur, va, selon eux, perturber les terres agricoles, les espaces naturels protégés ainsi que des zones touristiques.

"On sait par expérience que des cas de collision arrivent sur les grands rapaces. Ca été le cas cette année sur des lignes aériennes de 225.000 volt et de 400.000 volt", déplore Laurent Tatin, biologiste de la conservation rattaché à l'Université Marseille Avignon.

Près de 24 associations avaient lancé une pétition en ligne pour s'opposer au projet, en juin dernier, pour demander l'enfouissement de la ligne aérienne. Une option qui a finalement été exclue ce vendredi. La concertation publique est ainsi, selon eux, largement biaisée.

"On ne nous écoute pas! C'est un passage en force. Cette réunion est une mascarade. C'est la raison pour laquelle on a décidé de ne pas y participer et de quitter la salle. On ne va pas se farcir les 180 slides d'un projet qui est archaïque et qui ne tient pas la route", affirme Isabelle Gex, membre du collectif Stop THT 13/30.

Le maire d'Arles, celui de Beaucaire ou encore des collectifs de riverains, s'opposent également au projet.