Ternay: un nouveau système contre les polluants éternels dans l'eau testé pour la première fois en France

C'est une première en France. Des réacteurs à charbon actif vont être utilisés pour traiter les PFAS, les polluants éternels présents dans l'eau, à Ternay (Rhône). Une technologie de pointe qui permettra d'alimenter près de 170.000 usagers du sud lyonnais, d'ici un an, le temps des travaux.
L'usine de traitement des eaux est située au sud de la vallée de la chimie. Une étude de "Forever Pollution Project" avait révélé que le secteur était particulièrement touché.
Les PFAS sont une famille de substances chimiques synthétiques au très long cycle de vie, qui leur vaut le surnom de "polluants éternels". Quasi indestructibles, ils s'accumulent avec le temps et sont extrêmement persistants dans l'environnement mais aussi dans le corps. En cas d'exposition sur une longue période, ils peuvent avoir des effets sur la fertilité ou favoriser certains cancers, d'après de premières études.
Six filtres remplacés par des réacteurs à charbon actif
"Ce système de filtration va être remplacé en mettant en place des réacteurs à charbon, qui vont nous permettre finalement de venir remplacer le charbon de manière continue, en fonction des besoins de filtration", détaille Caroline Dupeuble, directrice d’agence chez Suez.
Et d'ajouter: "donc on va avoir des stockages de charbon neuf qui vont passer dans les filtres, et on viendra après extraire le charbon utilisé pour l'envoyer en régénération."
L’usine va ainsi subir quelques aménagements pour remplacer les six filtres par des réacteurs à charbon actif. Un procédé breveté par Suez.
Une nouveauté répercutée sur la facture des habitants
"Les molécules viennent se fixer sur le charbon. On a fait des tests, à la fois dans notre centre de recherche, et à la fois sur site pour vérifier que le système allait effectivement nous permettre d'abattre les taux de PFAS qu'on retrouve sur ce site", détaille Caroline Dupeuble.
Le coût total de l’opération est fixé à 4,4 millions. La moitié est un emprunt, et l’autre est prise en charge par l’agence de l’eau. Un montant qui se répercutera sur le portefeuille des habitants.
"Le consommateur qui consomme 200m3 d'eau, vous ajoutez 45 centimes au m3, ça va faire 45 euros par an, à peu près", souligne René Martinez, président du SMEP Rhône-Sud.
Ce nouveau système devrait être opérationnel d’ici mai 2026.













