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Tueur en série à Chypre: le chef de la police limogé

BFM Ambre Lepoivre avec AFP
Le président chypriote Nicos Anastasiades, en Chine le 27 avril 2019.

Le président chypriote Nicos Anastasiades, en Chine le 27 avril 2019. - Aleksey Nikolsky - AFP

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Les meurtres de sept femmes et fillettes étrangères à Chypre ont entraîné le départ du chef de la police et du ministre de la Justice dans une affaire où les autorités ont été accusées de ne pas prendre au sérieux la disparition d'immigrées.

Ce qui est présenté comme "la première histoire de meurtres en série" à Chypre ébranle les autorités. Au lendemain de la démission du ministre de la Justice, le président chypriote Nicos Anastasiades a limogé ce vendredi le chef de la police. En cause: le tollé provoqué par la réaction estimée insuffisante des autorités à la suite de la disparition de plusieurs fillettes et femmes étrangères. 

Dans une lettre officielle adressée au chef de la police Zacharias Chrysostomou, Nicos Anastasiades l'a informé que ses fonctions prendront fin le 7 mai. Il a dénoncé "l'apparente négligence et le manquement au devoir de la police dans l'enquête sur des personnes disparues".

"Certains des crimes horribles ayant choqué Chypre auraient pu être empêchés", a-t-il ajouté.

Quatre cadavres retrouvés

Un militaire chypriote âgé de 35 ans a été arrêté le 18 avril, quatre jours après la découverte d'un premier corps. L'homme identifié, Nicos Metaxas, a avoué avoir tué cinq femmes et deux fillettes étrangères, selon des sources policières.

C'est un touriste allemand qui a découvert le premier cadavre, le 14 avril, alors qu'il prenait des photographies d'un puits de mine de 150 mètres de profondeur. La dépouille a été ramenée à la surface et identifiée comme étant Mary Rose Tiburcio, une Philippine de 38 ans. Le suspect a également dit avoir tué sa fille de six ans mais son corps n'a pas encore été découvert. Le second corps trouvé dans le même secteur quelques jours après a été identifié comme celui de Arian Palanas Lozano, 28 ans, également originaire des Philippines, selon des médias locaux.

Un troisième, retrouvé dans la même zone, n'a pas encore été formellement identifié, mais pourrait être celui d'une Népalaise. Le quatrième cadavre, mis dans une valise, a été repêché dimanche dans le Lac Rouge, une étendue d'eau très toxique à Mitsero, au coeur de la mine. En état de décomposition, l'identité de la victime n'a pas encore été établie.

"Manque complet de professionnalisme"

Dans un éditorial publié cette semaine, le quotidien anglophone Cyprus Mail a dénoncé "le manque complet de professionnalisme, l'absence de tout sens des responsabilités ou de devoir, la paresse pure et simple et le pire, le mépris raciste envers (...) des femmes étrangères qui tentent de s'en sortir à Chypre". 

"Peut-être que l'indifférence totale de la police concernant la sécurité de femmes étrangères pauvres (...) reflète l'attitude de notre société qui n'est pas engagée à protéger les travailleurs étrangers vulnérables" dans l'île, a poursuivi le quotidien.

Pour l'association d'aide aux migrants Kisa, le manque d'enquête sur les disparitions de ces femmes étrangères reflètent la façon dont elles sont traitées en général par l'administration. Elle indique avoir récolté le témoignage "de nombreuses femmes immigrées qui ont été en contact avec la police, les services sociaux, la justice et au lieu d'être aidées, elles ont dû faire face à de l'indifférence (...) et du mépris".