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Monti en poste jusqu'à la formation d'un gouvernement en Italie

Le chef de l'Etat italien Giorgio Napolitano a demandé samedi à Mario Monti, qui gère les affaires courantes, de rester à la tête du gouvernement jusqu'à ce qu'une issue soit trouvée à l'impasse politique héritée des élections parlementaires de fin févrie

Le chef de l'Etat italien Giorgio Napolitano a demandé samedi à Mario Monti, qui gère les affaires courantes, de rester à la tête du gouvernement jusqu'à ce qu'une issue soit trouvée à l'impasse politique héritée des élections parlementaires de fin févrie - -

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par James Mackenzie

ROME (Reuters) - Le chef de l'Etat italien Giorgio Napolitano a demandé samedi à Mario Monti, qui gère les affaires courantes, de rester à la tête du gouvernement jusqu'à ce qu'une issue soit trouvée à l'impasse politique héritée des élections parlementaires de fin février.

Depuis le scrutin des 24 et 25 février, l'Italie est confrontée à une situation de blocage. L'alliance de centre gauche conduite par Pier Luigi Bersani dispose de la majorité absolue à la Chambre des députés mais elle est minoritaire au Sénat.

Le système bicaméral italien, qui octroie des compétences identiques aux deux assemblées, oblige le gouvernement à disposer d'un soutien élargi dans chacune d'elles pour faire adopter ses projets de loi.

"Il est important que dans le cadre de l'Europe et de mesures qui pourraient se révéler nécessaires en particulier en matière d'économie et d'emploi, le gouvernement demeure sous l'autorité officielle de Mario Monti jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement", explique le président italien dans un communiqué.

Nommé à la présidence du Conseil italien en novembre 2011, l'ancien commissaire européen Mario Monti a mené une politique d'austérité afin d'assainir les finances italiennes et tenter de réduire une dette publique de 2.000 milliards d'euros.

Candidat lors des élections parlementaires, il a été largement désavoué par les électeurs, ralliant moins de 10% des suffrages sur son nom.

Les élections ont été marquées par une poussée inattendue de la contestation et une victoire du Mouvement 5 Etoiles (M5S) de l'ancien humoriste Beppe Grillo.

Fort de 163 élus dans les deux chambres, le M5S se pose en arbitre et refuse tout compromis avec la gauche de Bersani et avec la coalition de droite de Silvio Berlusconi qui a réussi son retour en politique mais resté empêtré dans des affaires judiciaires.

Vendredi, le parlement a tenu sa séance inaugurale mais aucune des deux chambres n'est parvenue à élire son président, preuve du blocage des institutions. Les votes ont été reportés à samedi.

REFUS PERSISTANT DU M5S

Monti, qui espérait dans le cadre d'un accord avec le centre gauche prendre la présidence du Sénat, deuxième fonction dans la hiérarchie protocolaire de l'Etat, a rencontré le président Napolitano vendredi soir.

Le chef de l'Etat a précisé qu'il allait entamer des consultations mercredi afin de déterminer s'il est possible que l'un des chefs de parti réussisse à fédérer une majorité à la chambre haute.

En cas d'impossibilité persistante, il devra convoquer de nouvelles élections générales.

Bersani, qui paraît comme le candidat naturel au poste de président du Conseil en raison de la victoire de la coalition formée autour de son Parti démocrate, avait tenté de trouver un accord avec le M5S de Grillo, notamment en lui proposant le perchoir à la chambre des députés.

L'offre a été accueillie par un refus, la formation grilliste, qui est arrivée en tête du scrutin (en nombre de voix), affirmant qu'il lui appartient de conduire le futur gouvernement.

Silvio Berlusconi et son parti du Peuple de la liberté (PDL, centre droit) ne paraissent pas en mesure de reprendre les rênes du gouvernement actuellement en raison des affaires judiciaires impliquant l'ancien président du Conseil.

Silvio Berlusconi est poursuivi pour une affaire d'évasion fiscale impliquant son groupe de communication Mediaset et pour une affaire de relations sexuelles tarifées avec une mineure.

Il fait également l'objet d'une instruction pour des allégations de corruption d'un ancien sénateur afin de faire tomber le gouvernement de centre gauche en 2006.

L'audience concernant Mediaset a été reportée au 23 mars, Berlusconi âgé de 76 ans ayant été hospitalisé toute la semaine en raison d'un problème oculaire.

Pierre Sérisier pour le service français