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En Italie, fermeture de l'ex-plus grand centre d'accueil de migrants en Europe

BFM Alexandra Jaegy avec AFP
Le centre d'accueil de migrants à Mineo

Le centre d'accueil de migrants à Mineo - Andreas SOLARO / AFP

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L'ancien plus grand centre d'accueil de migrants en Europe, situé à Mineo, près de Catane, devait fermer ce mardi officiellement ses portes.

En présence de son plus grand détracteur, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, l'ancien plus grand centre d'accueil de migrants d'Europe, situé à l'est de la Sicile, ferme ses portes ce mardi.

"Promesse tenue", s'était félicité l'homme fort du gouvernement italien une semaine auparavant lorsque les derniers hôtes avaient été transférés du centre d'accueil de migrants vers une autre méga-structure en Calabre.

Le centre avait connu un pic de fréquentation en juillet 2014 avec plus de 4100 pensionnaires, avant de voir diminuer sa population petit à petit. A l'arrivée de Matteo Salvini au ministère de l'Intérieur, en juin 2018, ils étaient 2500.

Massimiliano Terrasi, un psychologue qui travaillait dans le centre depuis octobre 2011, se sent un peu dépossédé. "Les attentes étaient très élevées à l'origine du centre et nous y avons grandi professionnellement. C'est une expérience que peu de personnes dans le monde ont pu faire", décrit-il. 

En dépassant les 3000 migrants, les conditions sanitaires se sont dégradées 

A l'origine, les migrants disposaient d'assistance, de conditions sanitaires normales. Mais lorsque leur nombre a dépassé les 3000, les choses se sont gâtées. "Si l'on parle du fonctionnement final du centre, je trouve ça bien qu'il soit fermé. Mais si l'on considère ce qu'il aurait pu être, je trouve ça dommage", résume le psychologue.

"Quand le centre est arrivé, j'ai tout de suite pensé que ce n'était pas une bonne chose", critique plus durement Sergio Mastrilli, qui sirote une bière au bar de Mineo, village sicilien typique à proximité. "Ca n'a pas été un système d'accueil fondé sur l'intégration mais sur le nombre", note-t-il. 

Etudiant en droit âgé de 25 ans, il est engagé dans le Mouvement 5 étoiles (anti-système) de Luigi di Maio qui se partage le pouvoir depuis 13 mois en Italie avec La Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini.

L'installation du centre dans une telle structure a provoqué l'inquiétude des habitants de la région, voire la jalousie chez les Siciliens dans le besoin. On a aussi reproché aux étrangers de casser le marché des travailleurs journaliers au moment de la récolte d'oranges, car ils étaient prêts à travailler sans être déclarés pour 10 à 20 euros par jour.

Le centre employait jusqu'à 400 salariés locaux

Mais le centre a aussi été une manne en employant jusqu'à 400 salariés locaux. Le nouveau maire de Mineo, Giuseppe Mistretta, a d'ailleurs menacé de démissionner si l'Etat n'aidait pas sa commune à faire la transition.

Plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours, impliquant notamment l'ancienne maire de la commune de Mineo et l'ancien directeur du centre. Corruption dans l'attribution de marchés, création de faux bagdes pour gonfler les chiffres car chaque migrant avait droit à une somme journalière fixe de l'Etat...

En janvier, la police a même démantelé une cellule mafieuse nigériane basée au coeur du centre, gérant un trafic de cocaïne et de marijuana ainsi qu'un réseau de prostitution.