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Mali : la France va-t-elle s’enliser ?

BFM Mathias Chaillot avec Hugo Perrier
Si la France attend le renfort de troupes africaines et internationales, elle est pour l'instant seule au front

Si la France attend le renfort de troupes africaines et internationales, elle est pour l'instant seule au front - -

Combien de temps la France passera-t-elle au Mali ? La question se pose, alors que les troupes remontent dans le nord du pays en attendant le renfort de pays africains. « Il y a un risque d’ensablement », estime un spécialiste de l’Afrique.

Après le coup d’arrêt porté à la progression des groupes terroristes, la reprise du territoire : l'armée française a lancé mercredi une offensive terrestre contre les groupes islamistes au Mali et cherche à progresser vers le nord du pays, après avoir bombardé pendant six jours les djihadistes qui y ont établi leurs bases l'an dernier.
L'opération au sol, nouvelle phase de la mission Serval, est désormais engagée et des combats directs entre soldats français et djihadistes devraient bientôt éclater, a prévenu mercredi matin le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud.
Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a reconnu que l'engagement de la France au Mali risquait d'être « long », un sentiment partagé par les experts qui soulignent la difficulté à contrôler des régions désertiques aussi vastes. 

« Un risque d’ensablement »

C’est le cas de Vincent Hugeux grand reporter à l'Express et spécialiste de l'Afrique. « Il y a un risque d’enlisement, en l’occurrence d’ensablement, si dans une deuxième phase, les Français sont contraints, avec le concours espérons-le de forces africaines, à conduire la traque des djihadistes qui se sont dispersés, à l’image du coup de pied qu’on donne dans un essaim d’abeilles : les abeilles fuient, mais elles continuent de piquer, et celles-là sont particulièrement à l’aise sur des terrains rocailleux et désertiques ».

« Il ne doit pas y avoir de risque »

Mais à gauche, les députés sont conscients. Guy-Michel Chauveau, député Divers Gauche de la Sarthe et président du Groupe Mali de l'association Cités Unies France, estime qu’il « ne doit pas y avoir de risque. Les forces des pays voisins doivent arriver pour assurer la sécurité dans les villes libérées, pour que les mairies puissent tenir des élections très rapidement », espère l’élu.

« Toute une série de pays qui arrivent »

Quant à Pouria Amirshahi, député PS des Français de l'étranger, il pense qu’un enlisement « ne risque pas d’arriver. On a déjà le Burundi, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, toute une série de pays qui arrivent, des aides logistiques. Mais dans toutes les guerres il y a un risque. Si on le répète, à force, ça peut faire peur aux gens ».