Afrique du Sud: début de la première vente aux enchères en ligne de cornes de rhinocéros

La première vente aux enchères sud-africaine de cornes de rhinocéros organisée en ligne a débuté mercredi, a-t-on appris auprès de la maison Van's Auctioneers qui organise cette vente très controversée, les organisations de défense des a... - ALEXANDER JOE, AFP/Archives
La première vente aux enchères sud-africaine de cornes de rhinocéros organisée en ligne a débuté mercredi, a-t-on appris auprès de la maison Van's Auctioneers qui organise cette vente très controversée, les organisations de défense des animaux craignant qu'elle n'encourage davantage le braconnage.
Le principal éleveur de rhinocéros au monde, le Sud-Africain John Hume, propose aux enchères 264 cornes, d'un poids total avoisinant les 500 kg.
Une vente "pour financer la protection des rhinocéros"
Elles proviennent toutes de son ranch, dans la province sud-africaine du Nord-Ouest, où ses quelque 1.500 pachydermes sont régulièrement décornés après avoir été anesthésiés en plein air par un vétérinaire. La procédure est indolore et la corne repousse ensuite.
La vente - la première du genre en Afrique du Sud - a débuté mercredi peu après 14h (12h GMT) et se poursuivra jusqu'à vendredi même heure.
"Le vendeur ne sera disponible pour faire des commentaires qu'une fois les enchères terminées", a indiqué à l'AFP une représentante de la maison sud-africaine d'enchères Van's Auctioneers qui a requis l'anonymat.
Ces enchères sont rendues possibles par un changement récent dans la législation sud-africaine: le moratoire sur le commerce intérieur de cornes de rhinocéros a définitivement été levé en avril.
Avec cette vente, "on espère éviter que des rhinocéros soient braconnés pour leurs cornes (....) et débloquer des fonds pour financer la reproduction et la protection des rhinocéros", explique John Hume sur son site.
Ces pachydermes sont victimes d'un braconnage à grande échelle, tués pour leurs cornes, pourtant composées de kératine comme les ongles humains. Ecrasées et transformées en poudre, elles sont utilisées dans la médecine traditionnelle asiatique.
Quels acheteurs ?
Pour alimenter ce trafic très juteux, plus de 1.000 rhinocéros sont abattus chaque année en Afrique du Sud, qui abrite environ 80% de la population mondiale de ces pachydermes. Le kilo de corne peut se vendre jusqu'à 60.000 dollars au marché noir.
Si ce commerce est désormais autorisé en Afrique du Sud, il reste illégal à l'échelle de la planète, depuis 1977. Dans ces conditions, qui est susceptible d'en acheter aux enchères ?
"Des spéculateurs de matières premières qui anticipent" une levée de l'interdiction, explique à l'AFP un membre de l'association sud-africaine des propriétaires privés de rhinocéros.
Et "des Sud-Africains d'origine asiatique qui utilisent de la corne", ajoute-t-il.













